INTRODUCTION. xIX tionnée que par l'influence d’une administration éclai- rée, puissante et vigilante. Chaque troupeau, com- posé de 10,000 bêtes, est confié à un berger en chef, ayant sous ses ordres 5o bergers, chargés chacun de 200 bêtes.
On exige du berger en chef du zèle, de l’activité, ct toute les connaissances nécessaires à ses fonctions; on lui accorde un pouvoir étendu et des appointements considérables. Sans eesse à cheval, il visite les pâtu- rages, surveille constamment les bergers, veille à la po- lice, et fait exécuter avec exactitude les réglements rela- tifs aux voyages lointains des moutons, et à leur séjour dans les divers royaumes de l'Espagne.
En Allemagne, et particulièrement dans les royaumes de Wurtemberg, de Saxe, des Pays-Bas, et dans les pays où la classe des cultivateurs est éclairée, aisée et heuréuse, on remarque des institutions et des aSSOCIA- tions analogues. Des princes, des souverains même, ont établi dans leurs terres des écoles gratuites, où ils con- fient aux plus savants professeurs l'instruction des élèves pris dans les familles de cultivateurs; ils visitent fré- quemment les fermes modèles, se plaisent à distribuer eux-mêmes des récompenses aux plus dignes, et contri- buent puissamment à rendre les agriculteurs plus in- struits, plus heureux et plus dévoués au gouvernement.
Puisque le tableau des douanes montre que nous sommes tributaires des états limitrophes moins favorablement si- tués, nous devons lattribuer à notre indifférence pour les connaissances positives et utiles, au luxe de la science qui séduit la jeunesse, et l’éloigne des applications aux arts, d’une vie occupée et du séjour à la campagne.


