x vil] INTRODUCTION.
par leurs lumières, leurs hautes fonctions, leurs ri- chesses, réunis en sociétés libres, rassemblent chaque année dans leurs terres et à leur table les propriétaires, fermiers, garcons de ferme les plus habiles, proposent et distribuent des prix que les personnages les plus con- sidérables ne dédaignent pas de disputer.
Il est nécessaire de faire connaître aux pays où de semblables usages seraient utiles, qu’à une de ces réu- nions solennelles tenue au château de lord Somerville, ce pair d'Angleterre, président de la société d’agricul- ture, après avoir donné, une coupe d'argent au berger le plus intelligent et le plus soigneux du comté, en offrit une semblable au duc de Bedfort, le plus riche particulier d'Angleterre et d'Europe, pour avoir en- graissé le plus beau cochon.
Admirons le caractère du noble lord qui le rendait supérieur et indifférent au ridicule que les hommes su- perficiels déversaient, dans les premiers temps, sur ces institutions. La pensée que de pareils encouragements devaient bientôt contribuer à la puissance nationale, satisfaisait son ame généreuse et l’élevait au-dessus des atteintes de l'envie ou des vaines déclamations de la frivolité.
Une longue persévérance, des réunions fréquentes des grands propriétaires, et les prix décernés solennellement par eux dans leurs terres, ont rapidement perfectionné toutes les branches de l’agriculture et des manufactures, dont les progrès datent de ces institutions libres: c’est à ces mêmes causes qu'il faut attribuer le perfectionne- ment des races précieuses de moutons, qui ont doublé Je revenu territorial de la Grande-Bretagne.
En Espagne, la race mérinos n’a été créée et perfec-


