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INTRODUCTION. XV
CINQUIÈME OBJECTION.
LES DÉFRICHEMENTS SONT DANGEREUX, ILS EXPOSENT LA { FRANCE À MANQUER DE COMBUSTIBLE.
Réponse.— Les mines de charbon reconnues dans la faible portion du royaume jusqu'ici sondée, peuvent suffire à une consommation de huit siècles; ainsi la France ne saurait périr faute de combustible, dans le cas même où la plupart des forêts seraient défrichées, ou de nouvelles mines ne seraient pas découvertes.
La production en bois, comme en céréales, croit ou diminue selon les demandes et les prix; et il est plus facile de planter et de cultiver des arbres, que du blé et des pommes de terre. Si, par des défrichements exa- gérés, le prix du bois s'élevait, le terrain ainsi cultivé donnerait plus de bénéfices que des plantations de ta- bac et de colza; la proportion des semis d'arbres augmenterait de manière à réduire les bénéfices au taux des revenus des champs de céréales.
On dira qu'on ne saurait obtenir ainsi que du bois de corde et de charbon; que des siècles sont nécessaires à la production des arbres de futaie. Mais si des arbres de service donnaient plus de profits que les taillis et que les céréales, on se hâterait de transformer les taillis en


