ë
INTRODUCTION. xl]
QUATRIÈME OBJECTION.
LES PROPRIÉTÉS SONT TROP DIVISÉES.
{—"00—— Reponse.— D'après les recherches que nous avons
faites, il nous paraît constaté que les 32,000 propriétaires de France les plus imposés, possèdent plus d’étendue de terrain que les 32,000 propriétaires de la Grande-Breta- gne, et que l'Angleterre entière; ce n’est donc pas la divi- sion des propriétés qui nuit à la prospérité de l’agricul- ture et des manufactures de France, et en retarde les améliorations. Les différences si extraordinaires qu’on remarque entre les campagnes françaises et britanniques doivent être attribuées à la différence d'administration. Les Anglais, souverains dans leurs domaines, les habi- tent par goût, par ambition, par devoir, et sacrifient leurs revenus à les embellir, à perfectionner les races d'animaux domestiques, à importer les arbres précieux.
En France, les grandes propriétés, composées en partie de bois aménagés d’après le système le plus bar- bare, sont les plus négligées, les plus improductives; nulle fonction, nulle chance d'utilité, nul attrait de propriété n’attirent les Français dans leurs domaines, où ils ne sont maîtres ni d'exploiter les mines, ni de culti- ver les bois, ni d'ouvrir des chemins indispensables; un simple employé d’une administration est souvent plus puissant que le plus grand propriétaire; les améliora-


