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Notice sur l'importation et l'éducation des moutons a longue laine : et sur l'emploi de leur toison a la filature de Marcq / par J. Cordier
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IV
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1V INTRODUCTION.

peut espérer des hommes capables de perfectionner notre législation, de former de grands établissements agricoles et manufacturiers, et d'étendre et même de conserver nos dernières relations de commerce avec les étrangers.

Désirant juger ces diverses assertions, et connaître les causes de la prospérité et de la supériorité des fabriques anglaises et de leur agriculture, nous avons visité les principales villes de manufactures de la France, de la Grande-Bretagne, de la Belgique, etc. Nous avons con- staté que nos rivaux emploient des matières premières meilleures et à meilleur marche; des machines plus parfaites pour préparer, filer, tisser, apprêter la laine et le lin; le travail commencé et continué dans un grand établissement sy termine en quelques jours et avec peu de dépenses; la main d'œuvre et les frais de fabrication ont été réduits des dix-neuf vingtièmes; par l'influence de ces améliorations, le commerce de l'Angleterre prend de plus en plus de léxtension, et celui des autres états diminue rapidement.

On est également étonné de trouver des différences aussi extraordinaires dans les diverses branches de la- griculture des deux pays. La France ne possède que 35 millions de moutons, la plupart despèces communes; en Angleterre, on en compte 4o millions, de races choi- sies, dun poids moyen double de ceux de France, dune valeur triple, sur un sol plus ingrat et dune étendue moindre des trois cinquièmes.

Les Anglais tirent de la Flandre des juments de forte taille, et les paient de quatre à cinq cents francs; ils revendent sur le continent les poulains à des prix: six et huit fois plus élevés. Ils importent de même du- partement du Nord des navires chargés de lin, et y ex-

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