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p. p. Fr. Michel et Renaud. 51. Borde el janglerie— fel et tricherie. R. P. Cuidiez vous par vo bourdez desrouter no arois. H. C. 2653. Laissicz ester icelle vanterie Je ne donroie riens de celle bourderie. ib. 2670. En Artois on donne aujourd'hui le nom de behourd à une fête populaire où les anciens usages du paganisme germanique, interprétés à sa façon par l'Eglise au profit dela doctrine nouvelle, viennent se mêler aux souvenirs des grandes fètes de chevalerie. A un signal donné, on allume de grands feux aux créêtes des vallées et pendant plusieurs heures le peuple armé de torches parcourt les rues et les campagnes en jetant des cris plus ou moins discordants. Ailleurs on nommait le Behourd artésien la nuit des Brandons. Pendant les Brandons on apostrophait les arbres fruitiers en les menaçant de les couper et de les brüler, s'ils ne donnaient pas de fruits. II y a là évidemment un reste des superstitions paiennes de la Germanie qui dotaient de la faculté de sentir et de parler jusqu'au règne végétal, tandis que les torches et les brandons, agités au milieu de cris joyeux, célèbrent la puissance croissante du soleil. L'Eglise, incapable de détruire les croyances et les usages du paganisme des hommes du Nord, les a assimilés à ses grandes fètes.
Hutta, tugurium, umbraculum, casa; anglo-s. huäcca, angl. hutch; lmà hutica, hucha; fr. huche, huge, coffre, armoire, aujourd'hui coffre à pétrir et à renfermer le pain: Dunkes uint il a la huige(ad arcam.) et il piement crueiz brisat les closures de la huige(claustra arcae). D. G. 38, 2. En une huche la ferma Estroitement si la guarda. S. N. 1432 3.
Iwa, anglo-s. iv, bas-allem. mâ. iwe, h--allem. mâ iwe, taxus, edera; fr. if; angl. yew.
Isarn, isan, ferreum et brun, furvus, fulvus; fr. isanbrun. Clerici poterunt habere cappas de ysambruno. DC. Noires chapes d'isanbrun, en cels a dou noir et dou brun, cité par Diez, E. W. desus les altres dras out d'isebrun mantel. ib. Il est curieux que le mot germanique ne se trouve pas dans les documents de l' ancienne langue où isenvar et isengris abondent. Isarnodorum aujourd'hui Izernore, village du departement de l'Ain est formé du gothique eisarn et de daur ou plutôt dauro, plurale tantum signifiant porta, janua, fores. Nous lisons à ce propos dans le Recueil de Dom Bouquet, t. III. 396: Ortus(sc. S. Eugendus) nempe est haud longe a vico, cui vetusta paganitas ob celebritatem clausuramque fortissimam super- stitiosissimi templi, gallica lingua Isarnodori, i. e. ferrei ostii indidit nomen. Cette erreur de 'auteurde la Vie de S. Oyan sur la provenance du nom de la place forte en question ne laisse pas d'ètre instructive. Elle nous prouve que, vers le temps de la mort de Clovis, époque où la Vie fut composée, l'idiome parlé par les débris de la population autochthone dans les campagnes à l'ouest du Jura s'était étiolé sous l'action de la langue de leurs hôtes bourguignons, en attendant que la langue de Rome finit par les absorber l'un et l'autre. Certains auteurs grecs appellent gaulois les mots qui ne sont ni grecs ni latins, confondant ainsi dans une seule dénomination les deux autres sources d'où découle le latin parlé dans les Gaules. Pour les hagiographes c'est différent. IIs composaient la vie de leur saint de prédilection sur des matériaux qu'ils avaient recueillis sur les lieux mèêmes où le saint avait vécu. L'auteur de la vie de S. Oyan S'était donc adressé aux gens du pays pour apprendre l'origine du mot Isarnodorum, et ceux-ci, dupes d'une ressemblance de sons, l'attribuèrent bravement à la langue primitive de leur race. IIs n'auraient pu commettre cette erreur, si, à l'époque dont il s'agit,


