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La grenouille qui a invité le rat, méprise le droit des gens, la foi jurée, elle veut tuer frauduleusement le pauvre rat et se moque quand il atteste les dieux.—
Le vrai type d'un bourgeois est la fourmi. Toujours prudente, active, économe, infatigable elle travaille tout'été; elle n'est pas empreunteuse et n'a pour les dépenseurs qu'un mépris moqueur.
„Vous chantiez, j'en suis bien aise, „Eh bien! dansez maintenant“
Dans son esprit net, ferme et pratique elle méprise la mouche dont les hautes fanfaronnades ne lui font point d'impression; elle lui prouve simplement, qu'elle n'est qu'une importune et para- site, enfin
„Les mouchards sont peudus et vous mourrez de faim „De froid, de langueur, de misère „Quand Phébus régnera sur un autre hémisphère.“ 3
Elle préfère de vivre simple, laborieuse, sans mélancolie, et elle n'a pas envie de perdre son temps dans des entretiens inutiles.
„Adieu, je perds mon temps: laissez-moi travailler „Ni mon grenier, ni mon armoir „Ne se remplit à babiller.“
— Tels sont les principaux caractères des bêtes; outre cela nous rencontrons encore des personnages de, second rang qui mentrent en scène que rarement. Voilà encore l'aigle, fière reine des airs et ce triste oiseau d'hibou; puis P'hirondelle, sœur de Philomèle; maitre corbeau, glouton sot et credule, amateur de flatteries; le héron,„au lonc bec emmanché d'un long cou,“ qui a le goüt trop fin; seigneur cormoran, mangeur de gens; l'léphant qui se nomme cousin de Jupiter; le cochon qui sait qu'il n'est bon qu'à manger etc. etc. Aucun n'est oublié jusqu'au moindre escarbot.—
Mais nous entendons parler aussi les plantes, voilà le chène fier de sa grandeur et de sa puissance et le roseau modeste et simple qui plie et ne rompt pas; Linnocente föret qui gemit sous les coups de l'ingrat bucheron. Es les arbres morts descendent aux enfers„border le noir rivage.“ Mème le pot de terre et le pot de fer s'entretiennent et font un voyage ensemble.
Quand aux hommes que le poòte introduit, ce ne sont ordinairement ni les rois, ni la noblesse. Quand il nous peint un grand Seigneur, ce n'est qu'un homme insolent qui vit aux dépens de son sujet qui prend„les bons jambons, boit son vin et caresse sa fllle.“
Comme Molière Lafontaine prend les personnages ridicules de la bourgeoisie et du tiers état, moins habiles à cacher leurs perversités et leurs vices que les hommes de condition.
Le poëte nous peint le marchand ambitieux et avare qui brave tous les périls d'un long voyage pour courir après la fortune; l'avare dont le plus grand plaisir est d'accumuler, et qui est le plus malheureux des hommes, lorsque son cher trésor lui est enlevé; le riche financier qui, malgré sa bonne condition est mécontent de lui-même et du monde et se plaint qu'on ne puisse acheter le someil; le fermier qui dort, sans avoir soin que la porte de son poulailler soit close et qui quand le renard a tué les poules punit son pauvre chien pour sa propre sottise. Nous voyons le curé Monsieur Jean Chouart qui ne pense qu'à son salaire, pour acheter„une feuillette de meilleur vin des environs;“ le juge Perrin Dandin qui prend l'argent du jeu et ne
laisse aux autres que les quilles et le sac; la laitière qui bäâtit des chäteaux en Espagne. Nous 2*


