Aufsatz 
Sur le Misanthrope de Molière. Analyse et observations critiques
Entstehung
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eux qui pourra prouver par une marque certaine quéiil est prêféré par Célimene. La deuxième et la troisième scène préparent l'arrivée d'Arsinoé; la quatrième scène et la cinquieme développent la coquetterie de Célimène et la fausse pruderie d'Arsinoé. Ce n'est

que dans la scène sixième qu'Alceste parait sur la scéne. Il entre en conversation avec Arsinoé. Celle-ci, pour lui persuader que Célimène le trompe, l'amène chez elle, voulant

lui en donner des preuves. Dans son entretien avec Arsinoé, Alceste ne cache point qu'il a pris une grande aversion pour la cour, mais il en a de bonnes raisons. Aussi ne donne- t-il aucune marque d'une grande agitation; au contraire il parle et agit tout-à-fait en homme sage et prudent. II est évident, selon moi, que tout cet acte n'a aucun rapport au sujet qu'on a voulu découvrir dans le Misanthrope.

Ces remarques, je les fais, sans avoir toutefois l'idée de disputer à Molière les louanges que le Misanthrope lui a values, mais seulement pour tirer de la construction méme de la pièce une nouvelle preuve à l'appui du jugement que j'ai porté sur le sujet du Misanthrope. En effet, si le poëte a voulu faire un tableau des mœurs corrompues de la haute société, en y entremélant une partie de sa propre histoire, chaque scène, chaque vers est à sa place; il n'y a rien de superflu. Il dut faire ces nombreux portraits qu'on y trouve, mais versé qu'il était dans les lois de l'art dramatique, il sut grouper ces per- sonnages autour d'un centre et donner de cette manière àsa pièce une action déterminée. , un homme honnéte et franc s'oppose à la perversité du siècle, mais ses efforts sont vains; accablé d'injustices et trahi de son amante il finit par se retirer du monde: voilà le dénouement. Le triste sort de ce noble caractère est le reproche le plus fort que le poëte ait pu faire à son temps. Regardée sous ce point de vue, la construction de la pièce est irréprochable. L'action est simple, il est vrai, mais suffisante, et elle ne s'arréte aucun moment. Les développements et les nœuds sont d'un effet excellent. Le dénoue- ment est aussi surprenant et intéressant que satisfaisant et nécessaire. Croyant qu'une lecture attentive de la pièce prouvera assez ce que je viens de dire, je me bornerai à peu de remarques sur la conduite de cette comédie.

Le premier acte se compose de trois scènes dont la troisiome m'est qu'un com- plément de la deuxième. Dans la scène première, c'est à dire la scène de P'exposition, le poëte nous fait connaitre le caractère de son héros et le sort qui le menace. Nous appre- nons qu'Alceste hait les hommes à cause de leurs vices, qu'il a un procès avec un homme méchant et intriguant, et qu'il est fort épris d'une femme coquette qui, ménageant tout le monde, ne peut pas se décider à répondre franchement à son amour. Cest ainsi que le poëte, d'une manière treès-habile, nous met au fait des événements suivants. Nous nous intéressons beaucöup à cet homme qui; méprisant avec raison le savoir-vivre de Phi- linte, ose s'opposer à T'esprit pervers du sidcle, et nous craignons avec son ami que, parmi des gens tels qu'il nous a peints lui-même, sa noble franchise ne lui attire beau- coup de fächeuses affaires. La scène suivante nous montre déjà que nos appréhensions étaient fondées. Alceste, obligé de porter son jugement sur un sonnet, se prononce en