Aufsatz 
Sur le Misanthrope de Molière. Analyse et observations critiques
Entstehung
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17 homme franc et impartial eomme il convient à son caractère, et il se fait par un im- placable ennemi. ¹)

Dans Pacte deuxième la première et la cinquième scène sont remarquables. Dans lune le poëte montre Alceste en amant de Célimène et dévoile le caractère douteux de cette dernière; les portraits de l'extravagant Cléon, de Damon le raisonneur etc., faits dans l'autre, et la médisance de Célimène et de sa compagnie justifient et augmentent en mèême temps l'aversion qu'Alceste a prise pour tous ces gens.

Pai déjà parlé du troisieème acte. L'accord que les deux marquis font entre eux est une adresse du poëte qui sait très-bien prèparer le dénouement de l'intrigue. La scène septième est très-importante, parce qu'elle nous laisse entrevoir le vrai dessein du poëte. Arsinoé veut persuader à Alceste de briguer une charge à la cour. Ecoutons ce qu'il lui répond:

Et que voudriez-vous, madame, que j'y fisse? Lhumeur dont je me sens veut que je m'en bannisse; Le ciel ne m'a point fait, en me donnant le jour, Une àme compatible avec l'air de la cour.

Je ne me trouve point les vertus nécessaires

Pour y bien réussir et faire mes affaires.

Ftre franc et sincère est mon plus grand talent;

Je ne sais point jouer les hommes en parlant;

Et qui n'a pas le don de cacher ce qu'il pense

Doit faire en ce pays fort peu de résidence....

Alceste n'a pas lieu, dans ce moment, d'ètre fort agité; aussi semble-t-il presque peser ses parolés. On voit que le poëte craint de ne dire trop, mais il parle assez pour étre compris par ceux qui veulent le comprendre.

Au commencement de l'acte quatrième, Philinte, en nous faisant le récit de l'ac- comodement qui s'est fait entre le misanthrope et Oronte, nous rappelle la bizarrerie d'Al- ceste que nous avons presque oubliée en entendant l'acte troisièmne. Jei le poëte semble vouloir éviter qu'on ne puisse lui imputer à lui-mème ce qu'Alceste vient de dire de la cour. Philinte se rit des manières de son ami, mais Eliante rend justice à ce noble caractère. On ne saurait nier que Philinte ne juge comme la multitude, et Eliante comme les gens de bien, et sans doute comme le poëte lui-mêème. L'aveu étrange que Philinte fait à Eliante n'est inséré dans cette scène que pour motiver le mariage qui termine la pièce. La scène troisième est des plus belles. Le misanthrope est venu pour rompre avec Célimène. Mais, quoique d'abord jaloux, emporté et furieux, il parait bientòt tout radouci et tendre; il ne parle que du désir qu'il a de faire du bien à son amante, et tout cela avant qu'elle se soit justifiée, et lorsqu'elle lui dit qu'il a raison d'étre jaloux.

¹) Alceste a raison d'ètre faché de cette affaire; mais le pobte est bien aise d'avoir donné leur fait à ces mauvais rimeurs qui ennuient tout le monde et corrompent le godùt du public.