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de tenir dans la main un livre d'oraisons et de s'entretenir avec deux évéques; et il promet de sur- venir avec la bourgeoisie de Londres pour le prier d'accepter la couronne. Aussi ne manque-t-il pas d'alléguner une foule de raisons frivoles pour engager Glocester qui ne refuse la couronne qu'en apparence. Voilà jusqu'oùu l'amitié entre ces deux va dans Shaspeare, conformément à Thistoire. Mais combien le Buckingham de Delavigne differe de celui-ci! Pour lui, toute l'amitié ne consiste qu'a lui faire obtenir le protectorat, mais„la pauvre uature humaine en reste la.“*) Kinsi ce qui est selon Delavigne la dignitè de protecteur, c'est selon Shakspeare et selon l'histoire la dignité de roi. Lui ayant procuré le protectorat, il reeule et„le laisse en chemin.“ Par cette raison, Delavigne etait obligé de préter à Glocester un dessein bomieide contre Buckingham de sorte que par la il s'attire la mème punition qu'lastings dans la tragédie Shakspearienne; ce qui en fait la diſférence, c'est que Buckingham échappe à Tattentat. Sa décapitation qui va se faire an com- mencement du cinquième acte, ne pouvait absolument trouver place dans Delavigne, parcequ'elle est postérieure à l'assassinat des deux princes. KAinsi il est clair que celui qui lit le drame de De- lavigne et qui n'est pas versé dans T'histoire, reste incertain sur la ſin de Buckingham, bien qu'on puisse juger que Glocester ne manquera pas de le faire mourir de mort violente.
Un caractère presque entièrement inventé par Delavigne, c'est Tyrrel; car celui qui se tronve dans Shakspeare, n'est de nulle importance et n'a pas méme'esprit que d'autres meurtriers qui se trouvent dans ses autres tragédies. Et comme J'assassinat des deux princes et les voies que prend Glocester pour parvenir à ce but, ne sont qu'un accessoire dans Shakspeare, l'assassin Tyrrel, a qui quelque bage rend le roi attentif, est tiré par les chevcux. L'assassinat mème des princes se fait dans Shakspeare trop vite ct presque sans facon; déjà peu de minutes après en avoir eté chargé par Glocester, Tyrrel revient, annoncçant qu'a été commis ce meurtre qui a touché jusqu' aux larmes mème les franes scélérats Dighton et Forrest. Il faut donc avouer que tout le personnage de Tyrrel, l'entretien duil a avec Glocester sur les années de sa jeunesse; sa passion prédominante qui le porte à toute infamie, et surtout les rapports qu'il a aux deux princes; que tout cela, disons-
nous, a cté très-ingenieusement imaginé par le poeète francais.
1 Acte II, vers 32.
e n—
Errata.
Page 5, ligne 11 par en haut, effacez: à:— p. 9, I. 13 par en hautt, liscz: tragédie;— p. 16, 1. 12 par le bas, lisez: de ses ennemis;— p. 25, I. 11 par le bas, lisez: Ses paroles.


