Aufsatz 
Observations sur les enfants d'Édouard de Delavigne et sur les rapports de cette tragédie au Richard III de Shakspeare / von dem Gymnasiallehrer Dr. Müller
Entstehung
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8.. verbeSmall herbs have grace, great weeds do grow apace, que Shakspeare lui applique et que

le poète français a rendu par les mots:)

Mauvaise herbe est précoce et croft avant le temps.

Mais ces qualités ne suffisaient point pour le rendre intéressant au lecteur; il était donc nécessaire que Delavigne, se fondant sur cette base, lui en attribnat encore d'autres qui fussent bien compatibles avec celles que nous venons de nommer. Dans Delavigne il demande à son oncle le cheval blanec, dans Shakspeare il lui demande le poignard que Glocester porte ordinairement, et après l'avoir recu, il demande aussi son épée. Ou ne peut nier que ces dernières prières ne soient plus signiſicatives dans la houche de Richard, que celle que Delavigne lai fait faire; car on voit qu'il taàchait de le priver des armes dont Glocester vonlait se servir contre lui. Mais on ne doit pas imputer à bläme à Delavigne d'avoir emprunté à Shakspeare quelques passages concernant le duc d'Vork: ce ne sont que des traits de peu d'importance dans le tablean que Delavigne nous a fait de Richard; ce qu'il y a de plus bean dans ce charmant portrait, c'est l'ouvrage de l'invention du poète francçais.

Sous ce point de vue comparatif, le röle de Buckingham est plus important que celui des deux princes. Nous avons dit ci-dessus que le Buckingham de Shakspeare est tout-aàA-fait historique, ce qu'il faut maintenant démontrer dans quelques points essentiels, d'ou il résultera que le Buckingham de Delavigne differe beaucoup de Shakspeare, puisqu'il differe de celui de l'histoire.

C'est comme le dangereux complice de Glocester qu'il parait des la scenc, ²) ouù il jure, pres du lit de mort d'Edouard IV, de témoigner toujours à la reine l'estime et le respect qu'il lui doit; cependant ses pensées démentent ses paroles; car quoique mari de la soeur Elisabeth(ce que Shakspeare passe entièrement sous silence) il était, à ce que nous savons, des personnes qui voyaient avec dépit l'avancement de la famille des Gray. Qu'il cherche bien à justiſier, par des raisons sophistiques, sa proposition d'arracher par force le prince Richard aux bras de la reine, en disant que l'abbaye de Westminster n'est qu'un asile pour cenx qyue leurs actions obligent d'en chercher,

mais que Richard n'ayant jamais commis de telles actions, ne demande pas de protection ni de refuge.

Oft have I heard of sanctuary men; But sanctuary children, ne'er till now. ³)

C'est Buckingham qui aide non seulement à exécuter le dessein homicide de Glocester contre IHastings, en faisant accroire au lord-maire que celni-ci a ourdi dans la salle du consei! une con- spiration contre lui(Buckingham) et contre Glocester; encore ne rougit-il pas de tenir à la mere de Glocester ces propos calomniateurs que celni-ci lai a suggérés lui-mème, et avant tout de contester la legitimité des Enfants d'Edouard IV. II prend les cris misérables de quelques

hommesVive le roi Richard! pour la voix du peuple entier, il donne mèême à Glocester le conseil

1) Acte I, vers 186. 2) Acte II, Scène 1. 8) Acte III, Scène I.