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Rivers, ce n'est plutèt que celle de lord Hastings qui P'afflige un peu,„car quoi qu'il eùt commis, dit-il,) c'était du sang à épargner.“ Mais son attachement pour la reine et les princes parait en toute occasion; c'est pourqyuoi il n'a pas fait mention, dans sa harangue aux hourgeois, des droits contestés des princes; il dit plutt: ²2)„A quoi bon dementir un hruit sans consistance?“ Alors Glocester Iui signifiant que, si on lui offrait la couronne, il serait obligè de Faccepter, Buckingham l'en dissuade dans un long discours ³) dont Glocester se moque, en disant:„La morale, cousin, n'est guère à ton usage;“ et quant aux graces qu'il lui rend de ce sermon, Buchingham sait bien à quoi s'en
tenir, et s'applique à lui-mème les paroles significatives que Glocester avait dites à Tégard d-Hastings:
Le jour où quand je marche on me laisse en chemin, Ce jour pour mon ami n'a pas de lendemain; 4)
car il prévoit qu'il aura le mème sort. C'est pourquoi, pénétrant les desseins sanglants de Glocester, il résout de ne soutenir des lors, en secret, que les intérèts de la reine et des princes; il se hàte donc de dissuader Richard d'aller à la Tour, et quand une bonne occasion s'est présentée, de donner aussi à la reine en mème temps le conseil de se retirer avec son fils dans l'ahbaye de Westminster. Du reste il sait bien conserver sa conduite équivoque par rapport à Glocester, qui m'ignore pas que c'est lui qui a donné à la reine le conseil de chercher cet asile. Certainement ce n'est que pour pénétrer encore plus clairement les sentiments de Buckingham que Glocester täche de le porter à arracher par force la reine à son asilc. Nous savons que Buckingham s'en défend. Néanmoins Glocester linvite bien inconsidérément à accompagner les prélats envoyés pour persuader à Elisabeth de quitter sa retraite: par-là il Iui donne occasion de faire encore des confidences àa la reine.
Le poèëte ne nous donne guère d'éclaircissements sur les eirconstances qui ont fait échouer l'attentat de Tyrrel à la vie de Buckingham; tont ce que nous apprenons encore sur Iui, c'est qu'il avertit par ecrit les princes de l'attaque, que les partisans de la famille du feu roi feront à la Tour. Mais les meurtriers préviennent cette attaque, à ce que nous savons.
Les détails du caractere de Tyrrel, qui jone dans notre piece un role plus important que Thistoire ni Shakspeare ne lui assignent, ont éte purement inventés par le poète; ce qui en effet n'était guere diſficile. Il raconte“) Ini-mème que dans les années de sa jeunesse il a dissipé quatre héritages; puis, qu'il est sans principes, sans crédit, chargé de dettes; que le jeu est sa passion dominante, et que le vin l'a porté jusqu'au meurtre. La mort de son jeune fils Tomi qu'il avait idolatré, l'a détaché, à ce qu'il dit, des plaisirs du monde; mais après cela il s'est plongé d'antant plus daus le vice. II se laisse donc déterminer, par la promesse de Glocester de lui rendre son opulence, à assassiner Buckingham. Ce projet échoue. Ce n'est pas tant la seule pitié de Ia jeunesse
1) Acte I, vers 430.— 2) Acte I, vers 448.— 3) Acte I, vers 468— 506.— 4) Acte I, vers 517. 518.— 5) Acte II, vers 51 et suivs.


