Aufsatz 
Observations sur les enfants d'Édouard de Delavigne et sur les rapports de cette tragédie au Richard III de Shakspeare / von dem Gymnasiallehrer Dr. Müller
Entstehung
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lui applique le proverbe connu:Mauvaise herbe est précoce et croit avant le temps; e'est qu'il réplique hardiment:)Voilà pourqpuoi P'esprit est venu à quelqu'un avant l'age; de mèême que

plus bas dans les paroles: ²)

D'autres que moi pécheraient par la taille, Si l'on mesurait l'homme au cheval de bataille;

et peu après, quelle méchante ironie dans le peu de paroles:Adieu, bel oncle! Sachant bien que Glocester n'a pas grande envie de lui faire présent du cheval blauc qu'il lui a promis, il ne consent ³) à aller à la Tour qu'â condition de l'accomplissement de cette Promesse: et Glocester menacant de l'y amener par force, il se résout ¹) à une vigoureuse resistance et s'oublie jusqu'd tirer le poignard contre son oncle; et la résistance qu'il est prèt à faire à Glocester, ne serait pas moins hardie et vigoureuse, s'il fallait en venir à une guerre ouverte. C'est le mème courage qu'il faut admirer en lui, lorsque son frère Edouard, indigné de J'affront que Glocester a fait à la reine, joint le geste à ses mots: Chapean bas! et que Richard P'y encourage ³) et l'en loue beaucoup; c'est enfin le mèéme courage, la mème résolution que nous lui voyons, lorsque sa mere, etant venue voir ses fils a la Tour, conseille à l'ainé de fléchir devant Glocester.

Il résulte de T'exposition des événements de notre drame laquelle nous avons donnée plus haut, qu'a l'égard de la peinture du caractère de Buckingham, le poète s'écarte de l'histoire dans des points essentiels. Disons-le en peu de mots: selon Delavigne, Buckingham ne seconde les projets ambitieux de Glocester qu'autant qu'il s'agit de lui procurer la dignité de protecteur, mais il recule aussitét qu'l y va de lui faire obtenir la couronne, parcequ'il prévoit que le chemin du trône ne mênera que par-dessus les corps des deux princes. Mais l'histoire nous rapporte que Buckingham, par sa harangue aux hourgeois de Londres, procura à Glocester aussi la royauté, et qu'il n'embrassa le parti de les ennemis que bientôt après l'avenement de Richard III au trônc, en ourdissant unc conspiration contre lui. Mais il serait diſcile d'approfondir les molifs qui l'ont determiné à se déclarer si subitement contre Glocester, qui l'avait pourtant récompensé, en lai accordant non seu- lement le comte d'Héreford, mais encore en le nommant connétable du royaume. A cet égard, il est vraisemblable que son ancien attachement pour la famille d-Edouard IV prit le dessus; aussi s'etait-il marié à la soeur de la reine Elisabeth. Or, comme ce changement du caractère de Bu- ckingham est diſficile à expliquer, le poète a très-bien imaginé que Buckingham ne le vent pas aider à obtenir la couronne parcequ'il voit que ce serait tuer les deux princes. II est vrai qu'il montre, dans ses discours moqueurs sur la bourgeoisie de Londres, un grand orgueil de noblesse, et que,

comme il ne hait rien tant que toute la parenté de la reine, il ne s'attriste guère de la mort de

1) Acte I, vers 186 188. 2) Acte I, vers 219. 220. 221. 8) Acte I, vers 573. 574. 4) Acte 1) rer 590. 5) Acte II, vers 524.