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souverains qu'Edouard, en le nommant régent du royaume, lui avait conſiés, il exige en revanche que Glocester respecte la veuve d'Edouard à l'égal de celui-ci. Au reste il sent bien qu'il ne convient pas„de prolonger le scandale de ces débats,“*) en présence de la cour. Nest-ce pas la méme fermeté du caractère qu'il montre lorsque sa meère Iui annonce que Glocester attente à sa vie, et qu'elle lui conseille de fléchir devant lui et de chercher à l'attendrir? En effet, il est bien loin d'y penser.
Le caractere de Richard est, dans uotre tragédie, beauconp plus expriméè que celui de son frere, mais ce qui nous empèche de porter sur lui un jugement parfaitement fondé, c'est que le poète nous laisse dans une entière ignorance sur l'àge de ce prince; et l'histoire ne nous dit pas non plus quel aͤge il avait en 1435. Quelques-uns disent qu'il avait alors sept ans, d'autres qu'il en avait onze. Quant à nous, nous croyons cette dernièere opinion plus plausible, parceque, de la maniere dont ils traitent l'un l'autre, il nous semble résulter qu'ils ne sont guere différents d'age. C'est Luci, femme de la chambre ²) de la reine, qui nous ſait, en pen de mots, le portrait de Richard, en le nommant gai, bouillant, fongueux. ³) En effet, il se montre tel depuis le commencement jusqu'à la fin de la piece. Ajoutez à cela une mièvreté singulière et un peu de malice jointe à de brillants traits d'esprit; mais encore un grand attachement à sa mère et à son frère Edouard. C'est cette dernière espèce d'attachement qui nous antorise aussi à croire que les deux frères n'étaient guère différents d'age. Aussi les paroles mises dans la bouche de Richard) qui propose à sa mere d'aller un soir avec lui à Windsor pour demander à feu le roi la santé de son frère Edouard, et déposer là, sur le marbre, denx couronnes enlacées, image de l'amour des deux princes: ces paroles, dis-je, ne con- viennent guère à un enfant de sept ans.
Des Pentrée du drame, ouù la femme de chambre l'habille, afin de le faire assister à la solennelle reception de son frere Edouard, il se montre inqyuiet et vif; et puis, en se raillant 5) amèrement des défauts corporels et de la démarche hboitense de son oncle Glocester, il parait malin et audacieux. De plus, il parait hardi, indiscret et capricieux, lorsqu'il s'assied?) sur les genoux de son onele, ce qu'il ne fait certainement pas par affection puisqu'il dit?) lai-mème que, quoique celui-ci soit plus indulgent que Rivers, il l'aime cependant bien moins; et puis, lorsqu'il demande ³) à Glocester pour- quoi son frère doit prendre sa demenure à la Tour, et si Edouard ne régnera pas Iui-mème après avoir quitté cette prison; enſin, lorsqu'il prend?) les suppliques adressées au roi et qur'il Ies distribue
anx seigneurs chargés du soin de ces affaires. N'est-il pas presque impertinent, lorsque Glocester
1) Acte II, vers 551.— 2) Elle parait avoir déjà été au service de la reine avant que celle-ci eut épousé Edouard IV; du moins croyons-nous conclure cela du vers 48, acte I.— 3) Acte I, vers 25.— 4) Acte I, vers 63— 63.— 5) Acte I, vers 105.— 6) Acte I, vers 154.— 7) Acte I, vers 8I. 82.— 8) Acte I, vers 159. 165.—
9) Acte II, vers 460.
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