Aufsatz 
Observations sur les enfants d'Édouard de Delavigne et sur les rapports de cette tragédie au Richard III de Shakspeare / von dem Gymnasiallehrer Dr. Müller
Entstehung
Einzelbild herunterladen

11

En entendant méme le cricur publie qui annonce l'arrestation de son frère, lord Rivers, elle cherche à réprimer son ombrage autant qu'il lui est possible; et elle se contente de la réponse ambiguë de Glocester:II est votre parent, voila son crime;¹) elle réplique seulement: ²)

Jai contre l'avenir perdu toute assurance.

Elle s'étonne ³) d'apprendre de Glocester que la vieille noblesse, craignant que Rivers ne mette la main à la couronne, forge des calomnies et des cabales contre ce lord; et elle s'indigne d'entendre les bruits qui courent, à ce que prétend Glocester, au sujet de l'illégitimité du mariage avec Edouard IV. Quoiqu'il n'ose lui dire en face qu'on attaque la légitimité des deux princes, il signifie cela sufſfisamment par la mention de Jeanne Shore et des enfants de celle-ci. Lorsqu'il lui donne le conseil) de renoncer, pour ses enfants, à ces droits contestés et de reconnaitre l'illégitimité de son mariage avec le feu roi, elle rejette cette proposition qui ne fait que l'affermir dans son secret soupcon. Lors mème que Buckingham la prévient³) du danger auquel les princes s'exposeraient s'ils passaient une heure ensemble à la Tour, parcequ'un parti haineux menacait leurs jours, elle ne manifeste point de soupcon, et dit seulement ces paroles aussi vraies que tristes:)II fera sürement pour eux, ce qu'il a fait pour Rivers; c'est-à-dire pour les mettre a l'abri du parti haineux de la noblesse. Néanmoius elle est bien loin de le croire capable de tuer les deux princes, ce qui résulte de cela méme qu'elle sort de son asile de Westminster. Surement elle n'cu ft pas sortie, si elle P'ent jagé capable d'un tel forfait. Ce n'est que quand elle apprend par la lettre de Buckingham(comme mous l'avons dit plus hant) la mort de Rivers et le danger dont on menace la vie des princes dans la Tour, qu'elle fait paraitre son ombrage en face de Glocester, et Iui dit tout ouvertement qu'elle le soupconne de vouloir tuer les enfants; mais, la chose étant ainsi, elle se déclare en mème temps prète à reuoncer aux droits de son fils Edouard. Ainsi l'on voit que le courage héroique avee lequel elle avait d'abord voulu défendre ses enfants, doit céder à la malice diabolique de Glocester, mais ce courage a bean fléchir.

En préètendant que Richard III, tel que l'histoire nous l'offre, sert d'instrument à la main de la Providence pour exécnter la malédietion qui est évidemment sur la maison d'VYork, nous ne voulons nullement justifier son caractère. Aussi ne se présente-t-il ni dans Delavigne ni dans Shakspeare comme un tel instrument: celui- ne nous montre en luai qu'un malicieux hypoerite, qu'un frane seélérat dont il augmeute encore les forfaits par l'assassinat de Clarence qu'il Iui impute. Par rapport à ce caractère, il est assez évident que Delavigne suppose à ses lecteurs la connaissance

de l'histoire de ce temps-la et particulièrement celle de la personne de Glocester. Sinon, comment

1) Acte I, vers 210, 211. 2) Acte I, vers 236. 3) Acte I, vers 269 et suivs. 4) Acte I, vers 320. 5) Acte I, vers 632. 6) Acte I, vers 642.