Aufsatz 
Observations sur les enfants d'Édouard de Delavigne et sur les rapports de cette tragédie au Richard III de Shakspeare / von dem Gymnasiallehrer Dr. Müller
Entstehung
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pour engager la reine à livrer son fils, ce qu'elle fit, comme on sait, apreès quelque résistance. Mais il êtait impossible a notre poète, de faire rester la reine dans le sanctuaire; le plan de sa piece exigeait de violer l'histoire en ce point. La vérité est que la reine resta dans le sanctuaire jusqu'au mois de mars de l'année suivante. Avant que Buckingham parte, Glocester lui accorde le comtèe d'Héreford*) à dessein de lui ôter toute crainte et de le présenter sous ce nom à l'assassin Tyrrel, de sorte que ce titre n'est pour Buckingham qu'un vrai baiser de Judas.

A peine Edouard, fatigué du voyage, a-t-il dormi quelques moments, que la reine avec son fils revient ²2) de l'abbaye de Westminster. Pour mieux motiver la joie qu' Elisabeth éprouve en revoyant son fils, Delavigne dit ³) que celui-ci a eté absent deux mois. Or, comme Elisabeth a dit) qu' Edouard a été présent à la mort de son peère(ce qui répugne également à l'histoire), il est assez évident que le poète tombe en contradiction avec lui-mèême; à moins que l'on ne mette en fait que le prince héréditaire soit parti pour Ludlow(ou pour Radnor) immédiatement apres la mort de son pere, afin de tenir en bride, par sa présence, une partie de sujets lointains, et qu'il ait laissé la capitale et la couronne à la merci du parti ennemi. Nous doutons que personne sou- tienne sérieusement une pareille opinion. Et puis, comment serait-il possible qu'il se fút écoulé deux mois depuis la mort d'Edouard IV, sans que Glocester eut rien entrepris pour se frayer le chemin du trône? Le fait est que depuis la mort d'Edouard IV jusqu'à l'entrèe du jeune Edouard V dans Londres, il ne s'était écoulé que vingt-cinq jours.

Parmi les suppliques que la reine recoit dans son chemin de l'abbaye à la Tour, il se trouve aussi une lettre?) de Buckingham, laquelle lui ouvre les yeux sur le sort de Rivers. Des lors elle ne cache plus les sonpcons qu'elle a contre Glocester, et quelques efforts que celui-ci fasse pour se décharger de l'accusation d'avoir fait mourir Rivers, il n'y réussit pas. Elle l'accuse) plutõt fran- chement de vouloir tuer les deux princes, de mème qu'il avait tué Rivers; aussi, comme on a une fois attaquè la legitimité de son mariage avec le feu roi, elle se déclare ²) prète à renoncer aux droits de son fils Edouard, pourvu que Glocester lui laisse les enfants.

Le troisieme acte nous fait voir les princes dans la Tour et la douce espérance ou ils sont d'étre bientôt délivrés. En effet, Tyrrel qui, à ce que l'on sait, était devenu gouverneur de la Tour pour vingt-quatre heures, leur apprend ³) que le régent fait des appareils pour le couronnement. Ici le poète omet de raconter les moyens par lesquels Glocester, avec l'aide du docteur Shaw et de Buckingham, se procure la couroune, il abrège plutôt à trois jours le temps du séjour que les

princes font àa la Tour. Pendant que ceux-ci sortent pour quelques instants sur le balcon de

1) Acte II, vers 258. 2) Acte II, Scène 9. 3) Acte II, vers 442. 4) Acte I, vers 56 et suivs. 5) Acte II, vers 473. 474. 6) Acte II, vers 590. 7) Acte II, vers 611 et suivs. 8) Acte III, vers 115. 116. 2