Aufsatz 
Observations sur les enfants d'Édouard de Delavigne et sur les rapports de cette tragédie au Richard III de Shakspeare / von dem Gymnasiallehrer Dr. Müller
Entstehung
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ses fils, si elle les faisait passer à la Tour une heure ensemble; cependant il n'a bien garde de dire que c'est Glocester qui menace leurs jours: il met ¹) platöt tout sur le compte du parti de la vieille noblesse. Pour cela il Iui donne le conseil ²) de se réfugier, avec son fils cadet, dans l'abbaye de Westminster; et elle ne tarde pas à s'y rendre. Ainsi le poète, changeant le caractere de Buckia- gham convenablement à sa pièce, a heureusement imaginé que c'est Iui qui donne ä la reine le conseil de se retirer dans l'abbaye, ce que, selon l'histoire, elle avait déjà fait de son propre mou- vement à la nouvelle de l'arrestation de lord Rivers, de Gray et de Vaughan, avant que Glocester fuͤt arrivé à Londres.

Aussitot que cette fuite de la reine vient aux oreilles de Glocester, il décharge ³) toute sa colere sur Buckingham, parcequ'il le présume avoir inspirèe à la reine tous ces soupcons contre lui. C'est pourquon il résont 4) de commencer par se déèfaire de Buckingham, qu'il croit capable de l'em- pécher d'atteindre à la couronne; et de se servir pour cela de la main meurtrière de Jacques Tyrrel*) que nous connaissons de Shakspeare. Par rapport à cette scene ouù nous lisons:) l'attendre? A Whit-Hall.Il est mort s'il y passe; nous ne Pouvons passer sous silence que nous sommes dans la nécessité d'accuser le poète francais d'une inexactitude presquc impardonnable. Sans compter que cela serait un anachronisme, parceque le palais royal de Whit-Hall ne fat haàti que sous le règne de Henri VIII, il est assez clair que le poète a confondu l'hôtel de ville, appelée Guildhall, avec le palais de Whit-Hall. C'est à Guildhall que Buckingham se rend pour refuser la couronne, au nom de Glocester, devant la bourgeoisie de Londres: aussi Shakspeare parle-t-il en plusieurs en- droits de Guildhall, et non pas de Whit-Hall.

Enfin Buckingham annonce*) an duc de Glocester l'approche du jenne roi, et le concours du peuple qui s'empresse de recevoir son monarque avec de grands eris de joie. Quand Edouard parait, ³) Glocester le recoit tres-humblement, en se jetaut à ses genoux. Cependant, malgré lui, il se voit contraint d'avouer) au jeune prince, que la reine Elisabeth, craignant le parti ennemi, s'est retirée dans l'église de Westminster. Suivant le conseil de Glocester, Edouard éerit à sa meère quelques mots pour la rassurer et pour l'engager à quitter avec son fils Richard sa retraite- Car c'est à Glocester qu'il importait le plus de tirer de son asile le jeune Richard et de l'avoir en son pouvoir. Les prélats, chargés de porter cette lettre à la reine, sont accompagnés par Buckingham, qui se rendra ¹⁰) de chez le lord-maire à Guildhall. Dans ce récit, le poète a suivi l'histoire assez ex- actement: en effet, quoiqque Glocester eũt d'abord en vue d'user de force en cas de besoin, pour

arracher Richard du sanctuaire, il s'en désista bientôt à la persuasion des prélats, et envoya ceux-ci

1) Acte I, vers 640. 2) Acte I, vers 650. 651. 3) Acte II, vers 7. 8. 4) Avte II, vers 21 ct-uivs.

5) Acte II, Scêne 3. 6) Acte II, vers 123. 7) Acte II, vers 144 et suivs. 8) Acte II, Scene 5. 9) Acte II, vers 229 233. 10) Acte II, vers 272.