Aufsatz 
Charlotte Corday par Francois Ponsard : etude littéraire / par J. P. Magnin
Entstehung
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4 la fin qu'il s'est proposée, et puisque lui seul a la force d'embrasser dans son ensemble

un systême, et de le conduire à ses dernières conséquences, à lui P'autorité supréme, il l'aura... il la tient! Contemplant son œuvre il s'admire et s'écrie, ivre d'orgueil:

... Eobscur chirurgien des étables grossiéres, Travaille maintenant sur des tétes princières; Je vois ceux qui riaient des écrits du savant, Paälir, au bruit que fait ma plume en écrivant, (Il regarde sa plume.)

Gest mon sceptre!

Et voilà mes Etats; la rue! A son réveil, Chacun me lit; partout j'entre avec le soleil, Et comme sous le vent la moisson balancée, Tout un peuple onduleux, frémit sous ma pensée. Bon peuplel............ Oui. je suis son ami, je ne souffrirai pas Qu'iil s'éléve aucun front au-dessus des plus bas. Je nivelle. Attila de la démocratie, Je brise et foule aux pieds toute aristocratie; Je proméne, le fer et la flamme à la main, Mes barbares du nord dans l'empire romain. Je suis grand! je peux tout!

Mais cette exclamation est suivie d'un cri de douleur et de rage. Parvenu au terme de sa course effrénée, il sent que cette grandeur, cette puissance qui a été le réêve de sa vie va lui échapper. La mort savance!.... Ce n'est pas un de ces vagues pressentiments avant-coureurs secrets d'un événement sinistre, qui effraye Marat; non, le couteau de Char- lotte, il ne le soupconne pas, le fer d'un assassin n'est pas ce qui le fait trembler main- tenant, c'est la mort, la mort de la maladie, lente, süre, inévitable. Il sent que la fin ap- proche; sa poitrine est en feu, la fièvre le dévore, son visage blémit... cependant, il ne faiblit pas, encore un effort!

0 mort! je laisse trop de traitres ici bas;

Quelques tétes encore et puis tu me prendras;

O mort! attends un peu! Pour peu que tu retardes, Penverrai devant moi de belles avant-gardes.

A l'œuvre! hätons-nous! Par un travail forcé Doublons le peu de temps qui m'est encore laissé.

Alors, rassemblant ses forces qui vont séteindre, il se met au travail avec une ardeur fébrile: il corrige des épreuves de journaux, donne des ordres à ses protes, à des imprimeurs qui travaillent dans la chambre voisine, remet à son commissionnaire des mis- sives pour la Commune, pour la Convention, pour les clubs. Sa parole est brève, sacca- dée, on dirait presque le râle de l'agonie. Une femme l'interrompt en lui amnonçant qu'un bain quil s'est fait préparer Pattend: il sy rend, emportant sa plume avec lui, car les minutes sont comptées.