Aufsatz 
Charlotte Corday par Francois Ponsard : etude littéraire / par J. P. Magnin
Entstehung
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epouvantée; un instant'acte fatal, l'acte glorieux qui en débarrassant la terre d'un monstre qui la déshonore sauvera des milliers de vies, un instant, cet acte disparaitt, elle ne voit plus que l'assassinat, que le crime, et elle hésite. Une petite fille qui jouait dans le jardin accourt, s'arréte près de Charlotte, la regarde, et se jette dans ses bras. La vue et les caresses de cette enfant, réveillent au fond de l'ame de notre héroine des sou- venirs et des émotions qu'elle s'efforce en vain de comprimer.

Comme le ciel est bleu! Derrière ces maisons

Comme on doit découvrir de vastes horizons!

Voici l'heure frappant le pied de la muraille

Le soleil occupait le banc ou je travaille.

Ah! ma cour solitaire! Ah! mes vallons normands,

Pleins de lumière, d'ombre et de mugissements!..

Vents du couchant perdus dans ces rares ombrages,

M'apportez-vous l'odeur de nos verts päturages? Et comme pour rendre son sacrifice encore plus douloureux, la mêre de l'enfant, qui s'est approchée, fait à Charlotte le tableau du paisible bonheur domestique dont elle jouit au milieu de la tourmente révolutionnaire.

Des jardins du Luxemburg, nous passons sans autre transition, dans le cabinet de travail de Marat. Les murailles humides sont tapissées d'un affreux papier jaune qui pend, par places, en lambeaux; çà et des affiches, des proclamations, des journaux sont piqués ou collés à ces lambeaux moisis; des livres gisent épars sur le plancher; des journaux fraichement imprimés sêéchent sur des chaises qui, avec une table chargée de papiers, et un vieux fauteuil composent tout l'ameublement de ce hideux taudis. Ils'exhale de tout cela une odeur fêtide, repoussante, comme l'odeur qui sort des caveaux pour- rissent des cadavres. Trois hommes sont près de la table: l'un est étendu dans le fau- teuil; il est pâle, défait: c'est Marat; celui qui est assis en face, c'est Robespierre; le troisiéme, debout, entre les deux autres, c'est Danton.

Les tout puissants triumvirs sont vainqueurs. Le dernier obstacle qui püt s'opposer à leur pouvoir, ils l'ont brisé: la Gironde est anéantie. A eux maintenant la puissance souveraine! à cux le présent! à eux l'avenir! Que vont-ils faire? Dans cette délibération supréme, chacun de ces hommes qu'enveloppe comme une vapeur de sang, propose des mesures qui reflétent son caractère. Danton, satisfait du résultat obtenu, veut désarmer la Commune.

Nous avons démoli, sachons édifier, dit-il. Robespierre est moins précis; il parle de vertu, de civisme, d'éducation morale et religieuse mais il ne conclut pas. Marat prend à son tour la parole.

Lui, il va droit au but et par des chemins très courts. La liberté ne sera fondée que lorsqu'un chef, un tribun militaire, un dictateur, le nom lui importe peu, aura été nommé, ayant pour täche unique de chercher les conspirateurs et d'en faire justice. Un sacrifice de trois cent mille tétes est nécessaire pour sauver la France. Trois cent mille!!! Danton& Robespierre se récrient. Marat insiste et comme le tigre qui flaire le sang, il ne tarde pas à s'animer. II reproche à Danton sa vie voluptueuse et folle;