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de la scène précédente: au moment de se séparer de celle qui lui tient lien de mere, son cœur se brise, elle pleure,
... Bénissez-moi, ma mere! s'éerie-t-elle: puis, accablée par l'idée qu'elle trompe sa tante, que tandis que eelle-ci la croira à Londres, en parfaite süreté, elle sera à Paris, rödant ainsi qu'une béte fauve qui
épie sa proie, cette idée lui pèse comme un remords: ... Pardonnez-moi! Madame de Bretteville.
— Pourquoi? Je ne dois que bénir.
Charlotte. — Vos bontés me font mal. Je n'ai pas su paraitre Affectueuse et tendre autant qu'il fallait l'étre. Ah! Pon comprend trop tard qu'on maimait pas assez.
Dacte suivant s'ouvre par une séance populaire dans les jardins du Luxembourg. On est inquiet, agité; les Girondins, en marche sur Paris, se sont déjà emparés d'Evreux, Que résoudre?— La réponse ne se fait pas attendre; un des émeutiers monte sur une chaise, déploie le journal de Marat et lit à l'assemblée cet article qu'il commente à sa façon:— „II m'est point de malfaiteurs aussi vils, aussi läches, aussi atroces que les scélérats de la Gi- ronde... Les capitalistes, les agioteurs, les monopoleurs, les marchands de luxe, les robins, les ex-nobles redoublent de zèle pour désoler le peuple par la hausse exorbitante du prix des denrées de première nécessité... Dans l'impossibilité de changer leurs cœurs, je ne vois que la destruction totale de cette engeance maudite, qui puisse rendre la tranquil- lité à PEtat.“— Des cet instant, plus d'indécision, plus de doute; Marat, Pami du peuple a parlé; son langage est clair, son injonction pressante: les Girondins qui sont dans les prisons seront égorgés, et comme menus plaisirs, on pendra les accapareurs! Au moment ouù les groupes réunis en cortége vont se mettre en marche, un citoyen plus avisé que les autres recommande la prudence et parle d'un discours récent de Robespierre, dont la conclusion est que les anarchistes sopt soupçonnés d'étre poussés par des agents roya- listes, à des attentats contre les individus& les propriétés. L'argument est spécieux, la foule en est frappée: les uns veulent s'abstenir, les autres passer outre. Un débat s'en- gage sur les mérites respectifs de Robespierre, de Danton& de Marat.
„Robespierre est un pur.“— Oui, mais c'est un savant.— Marat, c'est un des nôtres: il est en carmagnole!— Vive Marat!— Marat& Robespierre!— Et Danton?— C'est un tiède.— Il a sauvé le pays!— Eh bien! Vive Danton!— Non, il nous a trahis... C'est ainsi que se querellant au sujet de leurs meneurs, les honnêtes sans-culottes se séparent et s'éloignent, non sans traiter d'aristocrate Camille Desmoulin qui était survenu et qui avait pris le parti de Danton.
Charlotte a assisté à cette scéne tumultueuse: elle a entendu la proclamation de Marat et s'est dirigée, frémissante d'indignation, vers une boutique de coutelier qu'on aperçoit à deux pas. Elle achète un couteau: T'ouvrier en le lui remettant lui dit:
Le camarade Qui Paurait dans le corps serait un peu malade. Munie de son arme, la jeune fille se laisse aller à ses réflexion: elle touche à son but, encore un pas et elle va l'atteindre: mais, au moment d'accomplir ce sacrifice, elle recule


