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an patriotisme de ses hôtes: en Girondine qui sait son rôle, elle leur cite Horace, mais malgré sa bonne volonté et tout son esprit, elle ne réussit que médiocrement. Vergniaud auquel elle adresse le classique:„Tu dors Brutus!, Vergniaud s'arrache avec peine à sa réverie et laisse échapper quelques mots empreints d'un profond découragement:
Brutus?... Il a tué César; mais Auguste a régné.
Cependant la scène s'anime peu à peu. Vergniaud se souvient qu'il est orateur, Barba- roux qu'il est marseillais, tous qu'ils sont Girondins. Alors, à travers des tirades où la déclamation tient plus de place que l'éloquence, la situation de la France se dessine. Le moment est grave: Robespierre, Danton& Marat règnent! la Montagne est me- naçante! il faut, coüte que coũte, tenter un hardi coup de main. Vergniaud, tout en reconnaissant la nécessité d'une action énergique, conseille la prudence et demande du temps, Sieyès l'appuie, mais Louvet s'indigne de ces lenteurs:
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Doit-on délibérer lorsque le sang ruisselle?
s'écrie-t-il; Barbaroux veut provoquer un décret contre la Commune et mettre en ae- cusation les triumvirs; il songe méme, au cas que Paris restant neutre dans cette lutte supréme, laisse aux clubs toute liberté d'action, il songe à transporter ailleurs le siége du gouvernement. Sieyès qui l'a laissé déclamer à son aise, profite d'un instant ou il reprend haleine pour lui démontrer toute l'inanité des moyens d'action de la Gironde:„Les élo- quents discours“ sont des armes peu süres et en tout cas trop faibles pour attaquer un pouvoir aussi formidable que celui des triumvirs: isoler ces derniers, les combattre l'un par pautre, et pour commencer, s'entendre avec lun d'eux, avec Danton, tel est Pavis de Sieyès. Vergniaud ne s'y oppose pas, mais il doute que le terrible Montagnard veuille faire cause commune avec la Gironde, et l'étonnement est général lorsque Sieyès apprend aux convives(on pourrait dire à l'assemblée), que Danton ne tardera pas à paraitre. En effet, à peine Madame Roland a-t-elle eu le temps de se préparer à cette visite qu'un do- mestique annonce:„Le citoyen Danton!“
L'accueil, comme on peut le penser, est embarrassé, froid, presque glacial. Danton qui sans doute l'a prévu, en paratt peu surpris, aussi sans perdre son temps en excuses maladroites ou compromettantes, il proclame la victoire de Valmy, et propose, pour le salut de la France, une franche alliance entre tous les républicains. Vergniaud& Pétion acceptent„la main“ qu'il leur tend; les autres Girondins restent immobiles. Froissé de ce refus tacite, Danton exige des explications. Barbaroux prend la parole et lui re- proche les massacres de septembre; Danton s'en justifie en alléguant la nécessité.
On ne fracasse pas les tréônes légitimes, Sans que quelques éclats blessent quelques vietimes!
......
Septembre est le forfait de tous..... Ahl septembre maudit!— Eh bien, oui, que m'importe! Jai regardé mon crime en face, et l'ai commis;
Jai brülé nos vaisseaux devant les ennemis;
Jai condamné la France à vaincre ou disparaitre,
A rester république ou bien à cesser d'etre.


