Aufsatz 
Charlotte Corday par Francois Ponsard : etude littéraire / par J. P. Magnin
Entstehung
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jour qu'elles persifflent, d'abord à la sourdine, puis ouvertement, puis en viennent à Vinsulte. Il est aussi des pièces l'élément politique relégué à P'arrière-plan ne sert que de cadre, de passe-partout, à des charges, à des caricatures des travers sociaux et dont les socialistes en titre font ordinairement tous les frais. Quoique cette littérature, représentée du reste par des talents de troisiéme ordre, affectât certaines allures aristophanes- ques, elle m'avait d'Aristophane que la grossièreté et la erudité du propos, sans avoir jamais son élégance ni sa profondeur philosophique. C'est à peine si de tout ce frétin scénique on peut citer quelques œuvres l'élévation de la pensée et la qualité du style fassent songer que lart existait encore. Or, à cet égard, on ne peut passer sous silence le drame de M. M. Ferdinand Laloue et Labrousse, intituléLouis XVI& Marie Antoinette. Lim- pression produite sur la population parisienne fut profonde. Les nouveaux républicains, en contemplant l'un des épisodes les plus émouvants de la tragédie de 93 ne sentirent aucune velléité de relever léchafaud de la terreur. Chose étrange, la sympathie publique se fit librement jour pour le roi martyr, pour l'infortunée Marie Antoinette, pour cette famille vouée au malheur et en faveur de laquelle il ne s'était jadis élevé que quelques voix Gloquentes demeurées sans écho dans le peuple; et au nom de ce méme peuple qui pleurait à la vue des souffrances de Louis XVI, un roi venait d'tre chassé, une famille royale dont le sang avait coulé pour la France, venait d'étre bannie!

Dans un second drame représenté quelques mois plus tard(29 septembre 1849), les auteurs ne se contentèrent pas de tirer leur sujet de Phistoire moderne, ils l'emprun- terent à Thistoire contemporaine, à celle du jour. Environ trois mois auparavant(5 juillet 1849), les troupes françaises, après une lutte acharnée étaient entrées dans Rome& le drapeau tricolore flottait sur le chateau Saint-Ange. De violentes polémiques étaient engagées au sujet de cette expédition: M. M. Laloue& Labrousse ne reculérent pas de- vant cette brülante actualité& donnérent, au théatre de la porte Saint-Martin, leur drame deRome. Ce drame qui, à tout prendre n'a qu'une assez mince valeur artistique, agitait des questions dont la solution préoccupait tellement les esprits que son apparition eut tout à coup l'importance d'une manifestation politique. Les applaudissements sym- patbiques qui accueillirent le personnage du pape Pie IX lorsque, par ses actes de bien- taisance& de libéralisme il rompt avec la politique séculaire du Saint-Siége, les bravos qui saluèrent les troupes de Garibaldi et, au dernier acte, les sifflets qui accompagnèrent Tarrivée des uniformes français, tout cela fut pris pour ce que c'était en effet, une mani- ſestation formelle contre Pexpédition de Rome. Aussi l'autorité ne s'yy trompa-t-elle pas: le lendemain, défense du ministère de jouer la piéce. Des pourparlers s'engagent: le directeur du théâtre s'adresse au président de la république, et sollicite son intervention pour la levée de l'interdiction. La demande est accordée, mais au prix de suppressions, qui en mutilant l'œuvre, devaient en diminuer la portée. Néaumoins, tel avait été l'effet de la première représentation, que des mesures dites de sũreté furent prises par le gou- vernement. La force armée occupa le Boulevard. Cela m'empécha pas la foule d'étre aussi compacte que la veille et les abords des bureaux étaient encombrés lorsqu'au moment de l'ouverture, e'est-A-dire vers 6 heures du soir, apparait un commissaire de police qui défend la représentation annoncée. Lagitation fut grande sans que cependant