Aufsatz 
Mon Voyage d'Etudes en Belgique et en France : du mois d'Octobre 1912 au mois de Mars 1913 / par l. Lenz
Entstehung
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plus impressionnant que cette cité presque vide d'habitants, dont les maisons sont, en partie, taillées dans le roc mèême, en partie surélevées sans qu'on aperçoive nettement la transition. Au moyen-age, c'était une ville riche et florissante avec des milliers d'habitants. M. Birt l'appelle avec raison la Wartbourg des troubadours. Aujourd'hui, ses ruines n'abritent guère plus d'une centaine de gens très pauvres; les hommes travaillent dans les carrières voisines; les femmes gagnent quelques sous en servant de guides aux visiteurs étrangers.Vous trouvez notre pays très beau, me dit mon guide, mais C'est triste ici, surtout en hiver.

M. Mistral a fait beaucoup pour rendre populaire ce beau monument du passé; dans son Mirèio méêéme, nous retrouvons les souvenirs de ces ruines singulières et troublantes.

A Arles, le musée créé par le poète nous donne une idée très nette des efforts faits par Mistral pour conserver les anciennes coutumes de sa chère Provence.

Arles est une ville bien intéressante. Nulle part peut-èêtre, sauf à Rome, on ne rencontrerait de si nombreux souvenirs historiques. Le type grec que l'on retrouve parmi la population, nous rappelle que la ville a été fondée par des Grecs. Les Arènes, le Théatre nous ramènent au temps romain. Les Alyscamps sont des souvenirs de la première époque chrétienne.

Toutes les ruines, malgré les invasions des Barbares, sont encore des monuments presque intacts. Le temps les a respectés, et le soleil provencçal les a recouverts d'une patine dorée. La main de l'homme, bien plus que le temps, les a par endroits touchés, mais si légèrement que leur beauté n'en est nullement altérée.

Le train traverse la stérile plaine de la Crau, ouù, dit la légende, Hercule fut attaqué par les patres. Jupiter le sauva en faisant pleuvoir des pierres.

Parrivai à Marseille. C'est la vraie ville commerciale. Le Port, la vie tumultueuse des rues, la fameuse Cannebière, la malpropreté incomparable des ruelles de la vieille ville, la vue superbe de la hauteur de Notre-Dame- de-la-Garde: voilà les traits caractéristiques de Marseille. Jy séjournai quelques jours, pour aller ensuite à Toulon. Me voilà déja dans le pays des palmiers. La rade de Toulon avec ses vaisseaux de guerre m'intéressait beaucoup. Je pris donc un bateau pour traverser le Port. Jarrivai à la Seyne-sur-Mer, oùð sont ces chantiers de constructions navales; et on a d'ici une vue superbe sur Toulon. Jallai à pied aux Sablettes, plage assez connue. A Tamaris, je retrouvai la villa jadis habitée par George Sand.

Je rentrai à Toulon, et je partis pour les villes fort à la mode de la Côte d'Azur. Jai visité Cannes, Nice, Monaco, Monte-Carlo et Menton, j'ai vu Fréjus et la Turbie avec ses ruines romaines. L'été avait partout fait son entrée dans ces endroits charmants, rendez-vous de malades et de riches