Aufsatz 
Mon Voyage d'Etudes en Belgique et en France : du mois d'Octobre 1912 au mois de Mars 1913 / par l. Lenz
Entstehung
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Les vestiges de Daudet, on les retrouve aussi dans la ville du bon Roi René, à Tarascon. La maison de Barbarin, qui, dit-on, a servi de modèle à Daudet pour en faire son Tartarin, existe toujours.

La Tarasque n'est plus promenée en procession dans les rues de Tarascon, mais on la voit encore dans le hangar de l'Hôtel de Ville. Voici le Rhône impétueux et violent comme le Mistral mèême.

Les Tarasconnais ne savent pas gré à Daudet d'avoir fait d'eux les héros de son roman. On ne l'aime pas beaucoup à Tarascon. Quelle différence avec Mistral! L'auteur de Mirèio est très populaire partout en Provence, et un rayon de soleil semble éclairer la physionomie du plus humble paysan, dès qu'on prononce le nom de l'illustre félibre.

Jai fait une visite au poète à Maillane, oùð il a vécu toute une vie de travail et de poésie.

Le vénérable vieilla[rd me reçut avec une touchante amabilité. Il a 83 ans, mais il a conservé l'œil vif, et l'intérèt qu'il prend à toutes choses, le fait paraitre beaucoup plus jeune; sa mémoire cependant ne semble plus étre très fidèle. JTai passé plus d'une heure avec lui, et de ces moments intéressants, j'en garderai toujours un vivant souvenir.

Nous parlàmes de ses poèmes, des différentes éditions, du succès de ses ouvrages en Allemagne. Une des premières questions qu'il me posa, ce fut:Est-ce qu'on veut faire la guerre à la France chez vous?Ce sont les journaux français qui racontent des choses pareilles, lui assurai-je;chez nous, personne ne pense à faire la guerre.

En prenant congé de lui, il me dit:Si nous ne nous revoyons plus ici bas, ce sera sur l'autre planète. Un savant allemand a découvert une planète, à laquelle il a donné le nom de Mirèio. Peut-étre sera-ce cette planète-.

Malheureusement, il ne se rappelait plus le nom du savant; je ne le savais pas non plus.

Le ciel était brillant. Je décidai donc d'aller à pied à St.-Remy. Le beau soleil de Provence, les oliviers, les amandiers en fleurs, les crêtes des Alpines se profilant d'une façon si nette sur le ciel bleu de la Provence, quelle promenade charmante!

Tout près de St.-Remy, je rencontrai un monsieur qui avait l'air d'un Allemand. Je l'abordai, et je ne m'étais pas trompé. C'était un de mes collègues, M. BAUER de Wiesbaden, qui venait voir M. Mistral. Plus tard, à Marseille, j'ai passé quelques heures charmantes avec lui.

A St-Remy de nouveaux souvenirs antiques: un Mausolée et un Arc de Triomphe, superbes vestiges de l'antiqueGlanum.

Me voici en plein Massif des Alpines. Sur le plus élevé de leurs sommets, se dresse une ville étrange qui se confond avec eux,Les Baux. Rien de