Aufsatz 
Mon Voyage d'Etudes en Belgique et en France : du mois d'Octobre 1912 au mois de Mars 1913 / par l. Lenz
Entstehung
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oisifs. On parle très bien allemand sur la Côte d'Azur, mais il ne faut pas y aller pour apprendre le frangais. Je revins à Marseille. Quelle différence de température! Le Mistral soufflait fort et me faisait frissonner jusqu'à la mœlle.

Pour aller à Avignon, je traversai de nouveau la Crau, pour suivre en- suite le cours du Rhône. Avignon avec son chateau des papes, les murailles de l'ancienne forteresse bien conservées, ses rues étroites et anguleuses nous ramène au moyen-Aâge. La rue de la République qui traverse d'une manière rude et irréfléchie tout cet ensemble historique, représente la Révolution dans toute son impétuosité. Le buste de Jöuse Roumanille indique que nous sommes de nouveau dans le pays des félibres.

Dans les environs d'Avignon, à Vaucluse, nous retrouvons les vestiges de Pétrarque. Près deschiare, fresche et dolci aque de la Sorgue, à l'ombre des oliviers et des figuiers, le poète oublia ses soucis et trouva le repos qui lui inspirait ses plus beaux sonnets.

Je remontai le Rhône, et je m'arrétai à Orange pour voir ses monu- ments romains.

En continuant ma route, peu à peu l'olivier, symbole du Midi, disparait et le múͤrier même devient moins fréquent. Je m'approche de Lyon, ville des soieries. Dans le compartiment du train, j'ai fait la connaissance d'un jeune monsieur qui fait son droit à Lyon. II est resté quelque temps à Wiesbaden, et il garde de son séjour d'Allemagne de si bons souvenirs qu'il se met à mon entière disposition tout le temps et me guide d'une manière charmante.

Lyon Gst la ville des contrastes; bien des choses vont un peu de travers.

Dans ce chef-lieu des soieries, pas de múriers. Ce centre du Midi n'est point méridional, La tranquille Saône y rencontre le Rhòône tumultueux. En traversant la ville, on arrive, chose curieuse et absurde, à la place Carnot avec la statue de la République, tandis qu'à la place de République on est frappé par celle de Carnot.

Pour comprendre Lyon, dit-on, il faut le regarder du sommet de Four- vière; mais montez seulement! En général, vous ne verrez pas grand chose; un brouillard très dense s'élève de ses fleuves et pèse à peu près con- tinuellement sur la ville.

La colline de Fourvière est peuplée de maisons religieuses; en face, on voit la Croix Rousse, quartier des tisseurs de soie, descanuts selon l'ex- pression populaire. Ces deux collines marquent le caractère original de Lyon; c'est la ville des prètres et des ouvriers, des pèlerinages et des- volutions, les uns à côté des autres.

Je quitte Lyon, ville intéressante et sympathique, et le train m'emporte à Grenoble, célèbre par son cadre montagneux et connu partout en Alle- magne par ses excellents cours de vacances.