Aufsatz 
Mon Voyage d'Etudes en Belgique et en France : du mois d'Octobre 1912 au mois de Mars 1913 / par l. Lenz
Entstehung
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A Paris.

J'avais passé la frontière. A Frouard, je dus changer de train, mais quelle différence! Nos wagons si confortables avaient été remplacés par des voitures aux compartiments étroits et mal chauffés. II faisait très froid. Heureusement, j'avais emporté un bon pardessus bien doublé, et je pus ainsi très bien dormir jusqu'à Paris.

Jarrivai à la Gare de l'Est, le sept novembre à ½ du matin; j'avais donc toute la journée à ma disposition pour m'installer convenablement.

Au premier aspect, Paris offre beaucoup de ressemblances avec Bruxelles; au point de vue de la propreté, la capitale de la France semble être bien inférieure à celle de l'Allemagne.

Un autre trait caractéristique, qui impressionne tout de suite celui qui vient à Paris pour la premieère fois, c'est cette foule de monuments, de batiments, de souvenirs se rapportant à l'histoire du pays. Chaque rue, chaque pierre presque vous chante une romance et vous raconte une histoire du passé. Sous ce rapport-, Paris parait étre bien supérieur à Berlin.

La politesse du Parisien, son empressement à donner les renseignements qu'on lui demande, frappent agréablement l'étranger. Mais, par contre, ce qui impressionne aussitôt d'une manière gèênante et désagréable celui qui vient pour la première fois à Paris, c'est la foule des véhicules, encombrant les rues et les boulevards à tel point qu'il est extrémement difficile de les traverser. Dans les premiers temps de mon séjour, chaque fois que j'avais traversé une rue, j'avais la sensation d'avoir échappé une fois de plus à la mort. Les trottoirs sont en général trop étroits, et l'encombrement y est tel que souvent les promeneurs se voient forcés de suspendre leur marche. II faut avouer que sous ce rapport-, on n'est guère à son aise à Paris.

Pour tout le reste, ayant étudié mon guide à fond d'avance et connaissant Phistoire de la ville, j'y fut vite un peu comme chez moi. Aussi n'eus-je aucune peine à y guider un de mes compatriotes, employé dans une maison de commerce de Francfort sur-le-Mein, qui se rendait du côté d'Orléans des affaires commerciales l'appelaient, et qui ne comprenait pas du tout les Parisiens. Apres l'avoir bien installé dans son compartiment à la gare d'Orléans, je me mis à la recherche d'une pension ou d'une chambre convenable pour moi-mème. Un de mes camarades de régiment, qui avait été, il y a quelque temps, à Paris, m'avait recommandé à Mue M., place des Vosges. Jy allai pour m'informer, si la chambre occupée par mon ami, était encore libre. Je fus heureusement inspiré, car j'eus la satis- faction de trouver la chambre libre et à ma convenance, et, au bout d'une heure, j'étais installé et content de mon installation, Place des Vosges.