Aufsatz 
Mon Voyage d'Etudes en Belgique et en France : du mois d'Octobre 1912 au mois de Mars 1913 / par l. Lenz
Entstehung
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pour les étrangers. Je pouvais donc penser, à priori, que Lille me conviendrait. Mais, avant de faire ma malle, je voulais voir, si la ville pourrait me plaire et si j'y trouverais la facilité nécessaire pour apprendre le français. Je me mis donc en route pour Lille. Ce que j'ai vu à Lille, ne m'a pas contenté du tout. C'est la ville industrielle par excellence, avec un paysage sans charme et sans sites; la fumée des fabriques et des établissements industriels pèse continuellement sur la ville et la vaste plaine. Les habitants me paraissaient étre froids, lourds et peu avenants. Tout l'aspect me déplaisait. En outre, on y parle le français avec un Accent flamand bien prononcé. Et comme il y a tant de belles villes en France, oùð l'on parle bien le français, je rentrai à Bruxelles pour aller quelque autre part. Ma femme étant apparentée à une famille française de Paris, je choisis la capitale.

Prenant de nouveau la ligne qui longe la Meuse, je voulais en mème temps profiter de l'occasion pour voir Luxembourg.

Le site de la ville de Luxembourg est magnifique, mais les habitants ne m'ont guère plu.

A juger par les quelques heures que j'y ai passé, ils me semblent étre de grands chauvins. Un employé de chemin de fer, aimable du reste, avec lequel j'engageai la conversation, m'assura qu'en effet on n'aimait pas du tout l'Allemagne au Luxembourg.Cette haine, soutenait-il,est due à différentes raisons:

1⁰ Elle date du temps le Luxembourg était occupé par la garnison prussienne.

2⁰ Elle est constamment entretenue par ces personnes appartenant aux classes commerçantes et ouvrières qui gagnent leur vie en France et qui importent de leur haine contre l'Allemagne.*)

3 Le Luxembourg, appartenant à l'association douanière allemande, a des impôts indirects à payer qui sont énormes, et leur augmentation il y a quelques années a rendu cette association douanière plus impopulaire encore.

Mon interlocuteur, pour tout le reste homme très calme et raisonnable, calculait que lui-méme avait sur ses émoluments 350 frs. de plus à payer que, s'il vivait en Belgique.

*) A juger par mes propres expériences, le Français au contraire est extrémement aimable. II se peut que l'esprit étroit et borné des Luxembourgeois traduise des sentiments qui se retrouvent peut-être dans certains milieux français, d'une manière correspondant à son caractère grossier et brutal.