Aufsatz 
Mon Voyage d'Etudes en Belgique et en France : du mois d'Octobre 1912 au mois de Mars 1913 / par l. Lenz
Entstehung
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Pour les institutions de l'Etat, on est frappé par le fait qu'à beaucoup d'égards, elles rappellent les institutions françaises. On le constatera pour l'administration, l'organisation judiciaire, etc. Nous avons déjà parlé de l'enseignement. Quant à l'organisation des écoles belges, on trouvera des informations complètes dans l'encyclopédie de REIN.

Pour connaiftre les divers journaux français du pays, j'ai acheté chaque jour un autre journal, de sorte que j'ai emporté de la Belgique une belle collection des principaux journaux du pays. Les journaux en Belgique re- présentent comme partout ailleuͤrs les différents partis politiques et religieux. Lhistoire du journalisme en Belgique n'a pas encore été écrite; mais on trouvera des informations tout à fait suffisantes dans l'Annuaire général de la Presse belge, Bruxelles 1911.

LU'étude de la politique intérieure de la Belgique montre que ce pays se trouve dans une situation bien fächeuse. Les cléricaux et les libéraux sont engagés dans une guerre sans merci. Jusqu'a présent, c'est l'Eglise qui domine.

Mais il y de plus des luttes sans tréève entre deux races et deux langues; Wallons et Flamands se dressent les uns en face des autres comme d'ir- réconciliables ennemis. Le Flamand se cramponne à sa langue qui n'est comprise que dans les Flandres. Le Wallon a l'avantage de lutter pour une langue qui est en méème temps celle d'une grande nation voisine, et le Flamand méme ne peut se dispenser de la comprendre et de la parler. II est donc possible, il est même vraisemblable que la victoire définitive reste au français, c'est-à-dire au Wallon.

Me voilà au bout de mon voyage d'études en Belgique. Je n'ai pas pu voir tout, mais j'ai vu l'essentiel. Je me suis familiarisé avec la capitale, avec ses édifices, ses institutions et sa vie en général. JPai parcourules grasses et plantureuses campagnes de la Flandre*), si riches en souvenirs historiques. L'art, les institutions de l'Etat et la politique du pays m'ont intéressé.

Partout en Belgique on m'a fait bon accueil, on a été fort aimable pour moi; c'est donc avec grand regret que je quitte ce pays, qui s'est montré si sympathique à mon égard.

Mais déjà les brouillards de l'hiver, produits par le voisinage de la mer, sont tombés lourdement sur le pays et ont éveillés en moi le désir de chercher des paysages plus ensoleillés. Javais pensé d'abord aller à Dijon, mais, comme cette ville était en dehors de ma route j'étais décidé à rester dès le mois de décembre à Paris je devais trouver un endroit moins éloigné de ma ligne. Lille est tout près; en outre, il y a des cours spéciaux

cf. MlICHELET, Notre France, p. 260.