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aurait une femme riche. Une épouse sans dot dépend entièrement de son époux, il en fait ce qu'il veut; au contraire, une femme qui voit que la meilleure partie de la fortune vient de son côté, n'est propre qu'à persécuter, qu'à tourmenter, qu'à ruiner son mari. Euclion, qui a pris un grand plaisir à entendre son futur gendre parler de la sorte, ne peut pour- tant pas s'empèécher de lui faire des reproches d'avoir rempli de voleurs tous les coins de sa maison. II lui dit hyperboliquement qu'il a introduit dans sa maison cinq cents cuisiniers pour le moins, tous de la race de Géryon, ayant chacun six mains. Quand Argus, que Junon dé- tacha autrefois pour épier Jo, ouvrirait tous ses yeux pour observer ces voleurs, il ne pourrait jamais en venir à bout. Et pourquoi ce grand amas de provisions qui suffiraient pour une légion entiere. Mégadore est venu annoncer à son beau-père qu'il veut aujourd'hui boire avec lui, et que pour ce but il fera venir de chez soi une pièce de bon vin. Euclion n'explique pas cette offre plus favorablement que l'envoi des provisions. II lui vient aussitôt dans l'esprit qu'on lui cache un piége sous cette amitié apparente, et qu'on a l'intention de l'enivrer, afin de le mettre hors d'état de veiller son trésor. Finalement le malheureux Euclion, emporté par la violence de ses soupçons, et ne pouvant plus résister à l'agitation qui le tourmente, se résout, pour se procurer un peu de calme, à placer son trésor dans un autre endroit. II le transporte dans le temple de la Foi, à qui il fait des prières ardentes pour lui recommander ce précieux dépot.
Dans le quatriéme acte nous voyons Euclion sortant du temple où il vient d'enfouir son pot dans le fonds le plus reculé. Selon son habitude il Sentretient avec lui-mème, cette fois de P'heureuse idée qu'il a eue de confier son trésor à la garde de la déesse, Malheureusement pour lui il est remarqué par Strobile, esclave de Liconide. Ce valet, s'étant posté, par ordre de son maitre, sur un autel écarté du grand chemin, faisait actuellement sentinelle. Liconide lui avait commandé d'observer soigneusement ce qui se passerait aux noces de son oncle avec Phédrie, afin que, s'il trouvait moyen de les troubler, il n'y manquàt pas. Le but du jeune homme était d'empècher le mariage, et d'enlever lui-mème celle qu'il aimait si tendrement. A peine entré dans le temple, l'esclave y est rencontré par le vieillard qui est revenu sur ses pas, parce qu'il a entendu un corbeau croasser à sa gauche, ce qu'il a pris pour un avertisse- ment de la déese. Euclion traine Strobile hors du temple, en le maltraitant et en le battant, et après l'avoir fouillé avec soin, il l'oblige de se retirer loin de là. Se défiant donc de U'esclave, il te son trésor du temple et va l'enfouir dans le bois du dieu Silvain. Mais Strobile, esclave consommé, ne prend point le change; il le suit de près, et du haut d'un arbre où il a grimpé il est témoin de toute la scène, il remarque avec soin l'endroit. Euclion, fort content de son manége, se retire, Strobile déterre le pot, s'en saisit et l'emporte.— Pendant ce temps-là Liconide fait confidence à sa mère de son aventure avec Phédrie; il la supplie, il la conjure de faire son possible auprès de Mégadore pour l'engager à renoncer à la fllle.
Liconide, qui ne savait encore rien du trésor enlevé par son esclave, vient trouver Euclion pour lui confesser son faux pas, et pour lui demander sa fille en mariage. II trouve, à sa grande surprise, en la personne du vieux avare un homme en désolation et en fureur pour l'enlèvement de son trésor enfoui. Cela fait un malentendu fort divertissant. Liconide croit tout bonnement que le père est au désespoir de la découverte qu'il a fait par rapport à l'état


