Aufsatz 
L'Avare de Molière et l'Aululaire de Plaute / H. König
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Mégadore achéte cependant au marché les provisions de bouche pour la noce, il loue des cuisiniers et des fläteuses, et il envoie son esclave Strobile pour faire deux parts égales de toutes les provisions, dont l'une sera pour la maison d'Euclion, P'autre pour celle de son maitre. Les esclaves s'entretiennent de la lésinerie d'Euclion. Ce vieillard est tellement dur qu'on tirerait plutêt de l'huile d'une pierre-ponce qu'un liard de ce vieux. II appelle à son secours les dieux et les hommes, il crie qu'on le ruine, qu'on renverse sa maison de fond en comble, quand il voit au dehors qu'un peu de fumée s'éléève de sa cheminée. Avant de se coucher il bouche le tuyau du soufflet, pour empècher que pendant son sommeil le soufflet ne perde un peu de son vent. Quand il se lave, il pleure Peau qu'il est obligé de répandre. Si on lui demandait la famine, pour s'en servir à quelque chose, il ne la donnerait jamais. Il ramasse soigneusement toutes les rognures, quand le barbier lui coupe les ongles, il les emporte comme quelque chose de précieux. Un vautour lui enleve son mets. L'avare court au préteur, il hurle et demande la permission d'intenter une action contre le brigand ailé. Ensuite les cuisiniers entrent, les uns chez Euclion, les autres chez Mégadore, pour se mettre à l'oeuvre. Euclion de son caté est allé de mème au marché, il a gagné sur lui de paraitre libéral et- nereux aux noces de sa fille. Mais tout ce qu'on lui a offert au marché était trop cher, d'au- tant plus cher qu'il n'avait point d'argent. Il s'en est allé fort en colère de ce qu'il n'a rien trouvé à acheter. Puis il a fait réflexion que, si dans un jour de fète il prodigue son argent, il faut nécessairement que le jour ouvrable il tombe dans l'indigence. Sous l'impression de cette reflexion il a sagement résolu de réduire tous les frais de noces à un peu d'encens et à quel- ques couronnes de fleurs qu'il destine pour offrande au dieu de son foyer, afin qu'il bénisse l'union conjugale. Arrivé devant sa maison, il y entend un grand bruit. Un des cuisiniers demande qu'on aille lui trouver dans le voisinage un plus grand pot. On parle de pot, on en cherche un! Quel pot pourrait-ce etre, si ce n'est le sien! En invoquant les dieux d'ecraser les infames, il se jette brusquement dans la maison.

Au commencement du troisième acte nous voyons Euclion en querelle avec le cuisinier Congrion qu'il vient de battre et de chasser de sa maison, de méme que tous les autres gens que Mégadore. lui a envoyés pour apprèter le repas de noces. Pour tarir une fois pour toutes la source de ses transes, il resout de déterrer son pot pour le cacher ailleurs. Il se repent de sa folie de s'étre lié avec son riche voisin qui ne peut avoir d'autre dessein que Je l'attirer dans un piége. Faisant semblant de lui envoyer des cuisiniers pour épargner sa bourse, il lui a envoyé des voleurs pour lui enlever Pobjet de sa tendresse. II n'y a pas jusqu'à son coq qui ne conspire avee ces scélérats pour le perdre. Car il l'a vu gratter autour de Lendroit il avait caché son trésor. II lui a donné la récompense qui lui était due, il l'a tué. Mégadore arrive, et sans apercevoir Euclion qui se tient à l'écart, mais qui l'écoute avec curiosité, il se félicite d'avoir fait un si bon choix dans la fille de son voisin qui, il est vrai, ne lui apporte pas de dot en mariage. Mais il n'a que faire d'une femme qui lui insinuerait tous les jours de lui avoir apporté une fortune bien plus grande que la sienne propre, et qui pour cela voudrait porter des habits d'or et de pourpre, qui demanderait des servantes, des mulets, des muletiers, des laquais, de belles voitures à sa disposition. II fait une longue énumeéra- tion des ouvriers, des porteurs et des vendeurs dont serait assiégée la porte d'un homme qui