Aufsatz 
L'Avare de Molière et l'Aululaire de Plaute / H. König
Einzelbild herunterladen

4

ne lui enlevät son argent caché, aimant mieux laisser son fils dans l'indigence que de lui aban- donner la disposition du bien qui lui était plus cher que la vie. II meurt et n'a qu'une seule consolation, c'est d'emporter son secret dans l'autre monde. Le père mort, son fils n'hérita ni de l'argent, ni de la dévotion paternelle pour le lare, et mena une vie misérable. Son flls, aussi nommé Euclion, le héros de notre pièce, épousa les principes de son pere, concernant le culte du lare. C'est pourquoi celui-ci le fait passer plusieurs années dans l'ignorance du trésor que son foyer lui garde. Mais finalement il l'informe de la chose, et sa fille en est l'occasion. Cette fille, nommée Phédrie, s'est faite dévote du lare, elle lui porte tous les jours des couronnes, de l'encens et lui fait des libations. En récompense de son attachement, dans la vue de lui sauver l'honneur, le lare procure à Euclion la découverte du trésor enterré, pour le mettre en état de marier sa fille avantageusement. Car à l'occasion d'une fete nocturne de Cérès, un jeune homme de haute naissance, épris d'amour pour cette fille, lui a fait violence, sans qu'elle sache qui est le brutal ravisseur de son honneur. Le jeune homme ne demande pas mieux que de réparer sa faute, mais il n'ose confesser son crime, tant parce qu'il craint la colère de ses parents, qu'à cause qu'ayant profané le culte de Cérès, il s'était rendu coupable d'un grand sacrilége. Enfin il se présente une occasion qui oblige Liconide, c'est le nom du jeune homme, de découvrir son forfait et de s'accuser. Mégadore, vieillard athénien, homme très-riche, sur la sollicitation d'Eunomie, sa soeur et mère de notre amant, demande Phédrie en mariage, ne se doutant pas du tout de ce qui s'était passéè. C'est l'argument du prologue, dont l'authen- ticité est du reste contestée. En effet, on ne comprend guère, pourquoi on nous fait savoir pendant combien de générations le trésor s'est trouvé dans la famille de l'avare.

Euclion n'est point du tout devenu heureux par la découverte du trésor. Au lieu de penser d'abord à l'usage qu'il en pourrait faire, au lieu de se mettre à son aise, comme il a eté gené, il tient son pot caché, le garde bien, n'y met jamais la main qu'en tremblant, et que pour vérifier si ie compte y est. Il est l'homme le plus malheureux, et en mème temps l'homme le plus insupportable que l'on puisse trouver. Il vit dans une agitation continuelle qui ne lui laisse pas un moment de repos. Il soupçonne tout le monde, il querelle, il gronde, il frappe, il pense du mal des services qu'on veut lui rendre. Au commencement de la pièce nous voyons notre avare qui jette sa vieille esclave Staphile hors du logis; c'est pour examiner, sans etre guetté, si son trésor est comme il Pa laissé. En rentrant au logis, il se plaint amèrement que son trésor, auquel il prodigue tant de soins et de tendresse, le tourmente jour et nuit, et qu'il lui fasse passer la vie dans des transes continuelles. Pendant ce temps Staphile de son cété se plaint de son triste sort, du mauvais traitement qu'elle regçoit tous le jours des mains de son maitre. Mais c'est la le moindre de ses soucis. Ce qui lui fait saigner le coeur c'est que le déshonneur de sa jeune maitresse, qu'elle aime tendrement, ne pourra bientöôt plus être caché. Euclion, rassuré sur compte de sa marmite, rentre, renvoie son esclave au logis, en lui enjoignant de n'y laisser entrer qui que ce soit, quand mème ce serait la Bonne Fortune elle-même, et de fermer la porte à deux verrous. Alors il explique pourquoi il faut qu'il s'éloigne pour quelques instants, et que c'est bien malgré lui; mais il le faut absolument, car le maitre du quartier(magister curiae) a fait avertir qu'il distribuerait de l'argent par tète. Ne pas pa- raitre dans cette distribution serait pour lui d'un grand inconvenient; car il donnerait à penser