Aufsatz 
Plaute imité par Molière et par Shakespeare
Entstehung
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et qui fait le malheur de la maison on il s'implante. Quant à la forme de cette comédie, elle doit étre une image complète de la vie sans coups de théaâtre, sans complications invraisemblables, et la source du poëte est cette variété infinie du coeur humain, qui contient plus de péripéties et d'incidents que n'en peut inventer la plus féconde imagination. A cette catégorie appartiennent p. e. le Misanthrope-, le Tartufe⸗, les Femmes savantes- etc.

A quelle classe de comédies appartiennent donc celles que nous venons de söu- mettre à notre examen? Quant à celles de Plaute, l'Aulalaire et les«Ménechmess, les opinions diffèrent beaucoup; aussi les anciens, ses compatriotes mèêmes, n'étaient- ils pas d'accord. Cicéron parle de Plaute en termes de haute admiration ⁷⁷), mais le jugement que porte Horace dans son art poétique ⁷⁸) n'est point en sa faveur. Vol- catius Sedigilius lui donne dans son ouvrage sur les poètes ⁷⁹) la deuxième place parmi ſes dix poètes comiques romains, tandis qu'il n'accorde que la sixièeme à T6- rence. Nous wavons pas l'intention de parler longuement de son style ³⁰), de son esprit, de ses jeux de mots; cela ne nous intéresse point en ce moment, nous n'avons en vue que la valeur de ses comédies comme ouvrages dramatiques, en particulier l'Au- lulaire et les Ménechmes. Ces deux comédies appartiennent au genre de comédies d'intrigue ou de fantaisie; on pourrait même classer les Ménechmes dans une sorte de subdivision de ce genre, la comédie de hasard; mais, ni l'une ni l'autre peut pré- tendre au nom de=comédie de caractère-. Quant aux Ménechmes, personne n'a en- core songé à maintenir qu'il y eüt des-caractères⸗-, car on ne voudra pas appeler ainsi ces personnages typiques, qui sont originaires de la comédie grecque ⸗moyenne- et ⸗nouvelle-. Les auteurs anciens avaient P'habitude de mélanger ces personnages comme un jeu de cartes; le fort de ces comédies c'étaient les complications de l'intri- gue, les jeux de combinaisons amusantes, produites non pas par les contrastes intéri- eurs ni par les caractères, mais par le hasard de l'invention roulant toujours dans le méme cercle. Voici quelques exemples de ces inventions: on y rencontre des enfants exposés, des filles nées libres mais tombées entre les mains d'un marchand d'esclaves; on y trouve des séductions et des reconnaissances(Hoοσ et dανσυνεασιν) et enfin, comme moralité, l'honneur des bonnes moeurs de la famille sauvé par un mariage du

7⁷) Cicéron de orat. III, 12. De officiis I, 29.

18) At vestri proavi Plautinos et numeros et Laudavere sales, minium patienter utrumque Ne dicam stulte, mirati si modo ego et vos Scimus inurbanum lepido seponere dicto Legitimumpue sonum digitis callemus et aure. Horat. ep. ad Pirones, v. 270. s.

79) Voir son ouvrage:de poelis, cf. Gellius XV, 24.

80) Quant au style de Plaute, Macrobius le met à côté de Cicéron. Aelius Slola(selon Farron) était tellement épris des charmes du style de Plaute qu'il disait:Les muses s'en seraient, servies, s'il leur avait plu de parler latin.