Aufsatz 
Plaute imité par Molière et par Shakespeare
Entstehung
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Le poète britannique a tout d'abord changé la scène de l'action: comme ce n'est plus à Epidamne que les frères se rencontrent, mais à Ephése, son intention était sans doute de prendre comme licu de l'action une ville bien connue, et en mème temps une ville dont le libertinage des moeurs ⁵⁹) füt passé en proverbe. Mais le changement le plus considérable dans toute la comédie, c'est le redoublement des Ménechmes; le poëte a ajouté aux jumeaux originaires deux esclaves jumeaux res- semblants l'un à l'autre jusqu'à l'impossibilité de les distinguer et portant le même nom. S'il y a déjà beaucoup d'invraisemblance dans la fable plus simple, telle que Plaute nous la représente, Shakespeare va jusqu'à nous faire croire l'impossible, car l'invraisemblance est redoublée; mais du moment qu'on a admis la première, qui touche déjà à l'impossibilité, il n'y a qu'un pas à la seconde; et si les spectateurs doivent s'amuser à voir des méprises, des quiproquos, de la confusion portée à l'excès, il faut leur en présenter autant que possible. Dans la comédie des erreurs les méprises se succèdent avec une rapidité à nous troubler la cervelle; le nombre des méprises que nous avons trouvées chez Plaute, est presque doublé par Shakespeare, de sorte qu'on en compte jusqu'à dix-neuf. Nous ne saurions comprendre la demande d'un commen- tateur ⁶⁰), qui aurait voulu que Shakespeare cüt fait aussi jumelles les soeurs Adriane et Luciane; ce serait pour en devenir fou, pas un seul spectateur pourrait s'y recon- naitre à la fin. L'idée d'ajouter les esclaves jumeaux aux Ménechmes et de cau- ser par un plus grand nombre de méprises, est empruntée probablement de lmphi- trion de Plauté ⁰¹), et il est fort intéressant de voir se rencontrer sur le même point les deux poètes, Shakespeare et Molière, dont le premier cependant n'a employé que ce trait unique de la comédie de Plaute, tandis que Molière a composé une pièce entière sur ce sujet 62) Quant aux personnages des Ménechmes, le changement in-

5⁸) Anthipholus: They say this town is full of cozenage As nimble jugglers, that deceive the eye; Dark working sorcerers, that change the mind; Soul killing witches, that deform the body, Disguised cheaters, prating mountebanks, And many such like liberties of sin. Comedy of errors, I, 2. 6⁰) Bodenstedl, trad. des oeuvres de Shakespeare; 2me vol. Leipz. Brockhaus 1872. ⁶¹) Ce sujet n'est pas non plus inventé de Plaute. Il nous est conservé un titre de comédie d'Epicharme: Anucετeονοον; aussi avons-nous des notices sur un Auicrgucw d'Euripide. Une autre notice nous apprend qu'un poète sicilien Rinchon de Tarente a écrit desRilaro- tragédies ou bien destragico-comédies, parmi lesquelles on mentionne un Aucqperqoucv. Rapp, Geschichte d. griech. Dramas. p. 359. ³²) L'Anglais Dryden a traité le même sujet dans:The du Sosias. Camoëns, le poète portugais, a fait une comédie intitulée:Os Amphitrgoens. Ce qui est singulier dans cette dernière comédie, c'est que Sosia parle castilien, ainsi que Mercure qui l'imito; les autres parlent portugais. Nous avons aussi unAmfitrione du Boccace. L'Amphitryon de Molière a été composé en 1668, un an avant l'Avare. X avait-il une traduction anglaise