Passons maintenant aux Ménechmes de Plaute ⁴⁸); en voici l'argument.
La scène est à Epidamne ⁴⁹), ancienne ville de la Grèce occidentale. Après que le prologue 5⁰) a donné, comme d'habitude, l'exposition de la fable et expliqué aux spectateurs, comment il s'est fait que les deux frères portent le même nom, Pé- niculus, le parasite, entre en scène le premier et nous dit quel est son état et sa position auprès de Ménechme, lorsque celui-ci sort de sa maison apparemment apres une vive dispute avec sa femme. Ménechme porte un manteau(palla) de sa femme, lequel il veut donner à Erotion, courtisane demeurant en face chez qui il com- mande un diner pour lui-même et le parasite.— Au second acte nous voyons arriver au port le frère jumeau de Ménechme, que Plaute appelle ⸗Menaechmaus-Sosicles, accom- pagné de son esclave Messenio; cet étranger vient chercher à Epidamne son frère, qui a été enlevé par un marchand pendant une fèête à Tarente. La première per- sonne que ces deux rencontrent dans la ville c'est le cuisinier d'Erotion, qui prend cet étranger pour Ménechme, le citoyen indigène d'Epidamne(1'ıεᷣprise). Sosicle dit que l'autre(le cuisinier) doit éêtre fou; le cuisinier le lui rend bien et on se dispute encore, lorsque Erotion advient et invite l'étranger à diner en le prenant aussi pour Ménechme, le citoyen de la ville(νν méprise); en attendant Messenio va chercher une auberge.— Le pauvre parasite a perdu son protecteur au marché et revient en mauvaise humeur, qui augmente encore quand il voit Menaechmus-Sosicles sortir de chez Erotion, car il croit avoir manqué le diner auquel il avait été invité (ne méprise). Ménechme(l'étranger) tient le manteau que son frère inconnu a pré- senté à Erotion; bien qu'il ait promis à celle-ci de le porter au brodeur, il a, en secret, l'intention de le prendre lui-même; encore se réjouit-il de cette jolie aventure et repousse rudement le pauvre parasite, qui, furieux de son côté, menace de trahir toute la conduite infidéèle de Ménechme à sa femme. La servante d'Erotion, qui
¹6) Comme toutes les comédies de Plaute et des Romains en général sont puisées dans la littératur grecque, il en est de même de cette comédie. Sculement il est probable que celle-ci n'est pas prise d'un auteur athénien, mais d' Eiůpicharmaus, podte sicilien. Un passage du prologue semble appuyer cette opinion: Atque hoc poetae faciunt in comoediis, Omnes res gestas Athenis esse autumant, Quo illud nobis graeccum videatur magis. Ego musquam dicam, nisi ubi factum dicitur, Asdue adeo hoc argumentum graecissat, tamen Non allicissat, verum sicilicissat. Menaechmi, prolog. v. 7—12. ¹⁹) Le nom de la ville avait pour un Romain une trop grande ressemblance avec„dannum“ c'est pourquoi on employait plus tard de préférence un autre nom: Auςσα[νμ. La dé- nomination ialienne actuelle de la ville est:„Durazzo“, dérivé de ce nom grec; les Serbes l'appellent:„Dratsch“. 5⁰) Weise croit le prologue apocryphe, voir:„die Komoedlien des Plaulus’ p. 109. ss.


