Aufsatz 
Plaute imité par Molière et par Shakespeare
Entstehung
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devient Maitre Jacques, Mégadore est transformé en Anselme; trois autres personnages sont introduits par Molière: Mariane, Cléante et Frosine! Quant à la première, nous l'avons déjà mentionnée plus haut en parlant du soi-disant amour d'Harpagon, et n'ayant pas grand'chose à ajouter, nous faisons seulement remarquer, concernant, le consentement de Mariane au mariage avec Harpagon, que tout ce qu'elle dit à cet égard, c'est: zj'ai de la considération pour ma mère,.. je ne saurais me résoudre à lui donner du déplaisir- ⁴4³). Molière aurait mieux fait d'inventer un meilleur mo- tif pour faire consentir Mariane à un mariage qui pour elle est un ⸗supplice- ⁴⁴), et de finir mieux le caractère de cette jeune fille, qui est très-légèrement esquissé; ce- pendant celui de la fille d'Euclion l'est encore davantage, car on entend seulement parler d'elle(encore pas toujours à son avantage!), mais on ne la voit jamais parattre sur la scène. Quant à Cléante, nous n'avons pas besoin de nous en occuper longuement; il a beaucoup d'esprit, il est très-amoureux de sa belle et quelquefois un peu imper- tinent envers son père. Frosine, un de ces caractères polissons du beau sexe, dans lesquels Molière excelle, est une femme d'un mélange singulier d'égoisme et de- voQũment; quoiqu'elle agisse toujours dans son propre intérét, elle prétend n'avoir que trop de ztendresse à rendre de petits services à d'autres, quand elle voit des gens qui s'entr'aiment en tout bien- ⁴⁵); d'ailleurs, la scène entre elle et Harpagon est des plus amusantes. En passant nous mentionnons encore un trait, dont une farce italienne 4⁰) a fourni le modéèle à Molière; c'est une scène ou Scapin ôte une bague du doigt de Pantalon et l'offre à Flaminia de la part de celui-la, qui le laisse faire. Molière a imité ce trait dans la scène Cléante prend la bague du doigt de son péère, pour en faire cadeau à Mariane malgré les protestations de celui-*): trait charmant qui a doublé de prix sous la main de Molière.

43) Abare, acte IV, sc. J. ¹¹) Arare, acte III, sc. 8. ¹⁵) Avare. acte VI, sc. 1. 4)Arlequin dévaliseur de maisons, voir Nisard, histoire de la littérature française, III, p. 122. ¹*) Cléante, à Mariane. Avez-vous jamais vu, Madame, un diamant plus vif que celui que vous vous le voyez que mon père a au doigt? Mariane. II est vrai qu'il prille beaucoup. Cléante,(ötant du doigt de son père le diamant et le donnant à Mariane). II faut que vous le voyicz de près. Mariane. Il est fort beau sans doute, et jette quantité de feux. Cléante(se mettant au devant de Mariane, qui veut rendre le diamant) Nenni, Madame; il est en de trop belles mains. C'est un présent que mon père vous a fait. Harpagon. Moi? Cléante N'est-il pas vrai, mon père, que vous voulez que madame le garde pour l'amour de vous? Harpagon(bas à son fils). Comment? CQléante, à Mariane. Belle demande! II me fait signe de vous le faire accepter. Avare, acte III, sc. 12.