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qui ne modère pas ses désirs; il est encore insatiable à hl'eure fatale qui nous attend tous, à l'heure ouù il n'est plus d'hymen, de chants, ni de danses, où la mort enfin a paru. Ce qu'il y a de mieux c'est de ne pas nattre; ce qu'on doit certainement pré- férer ensuite, c'est de retourner le plus promptement possible dans le néant d'où l'on est sorti. Car aussitôt que la jeunesse est arrivée, apportant avec elle ses folles er- reurs, peut-on échapper aux peines qui l'accompagnent? N'offre-t-elle pas l'assemblage de tous les désordres?... les meurtres, les séditions, les combats, l'envie; vient ensuite le tour de la vieillesse importune qui languit sans force, sans société, sans amis; la vieillesse qui réunit en elle tous les maux. C'est à ce terme que ce mal- heureux est parvenu comme moi. De meme que le rivage du Nord, dans la saison des tempétes, est ébranlé par les flots, qui le battent de tous côtés, de mèême Oedipe est assailli de toutes parts par les malheurs qui pressent sur lui comme les flots pous- sés du couchant, de l'orient, du midi et des monts Niphées, séjour de la mort.
Antigone.
Le voilà ce me semble, mon père, cef étranger qui s'avance ici, seul et sans suite, et les yeux baignés de larmes. 4 Oedipe. Quel est-il? 9 Anligone. C'est celui que nous avons déjà soupçonné, c'est Polynice qui est près de nous. Polynice.
Hélas! que dois-je faire? est-ce sur mes propres maux que je dois d'abord verser des larmes, mes chères soeurs, ou sur ceux dont mon vieux père me donne le spec- tacle? lui que j'ai trouvé en ces lieux, errant avec vous sur une terre étrangère, cou- vert de ce véêtement dont les lambeaux sales et vieux souillent ses membres flétris par l'äge, tandis que sur son front privé de lumière, flottent en désordre des cheveux qu'agitent les vents. Sans doute, aussi sa nourriture n'est pas moins misérable que son extérieur. Malheureux que je suis de n'avoir connu que trop tard cette extremité. Je suis le plus coupable des hommes, mais je viens, je l'atteste, afin de pourvoir à tes besoins, et c'est à moi que tu apprendras mes fautes; Jupiter a fait asseoir auprès de lui sur son tréne le pardon pour tous les crimes; fais, d mon père, que je le trouve aussi près de toi! je veux, en effet, réparer mes torts; je ne saurais plus les aug- menter. Pourquoi ce silence? parle, mon père, ne détourne pas tes regards: ne me répondras-tu rien? Me renverras-tu chargé de tes mépris, sans me dire une parole, sans m'expliquer ton ressentiment? O vous, ses filles, vous, mes soeurs, essayez aussi


