Aufsatz 
Oedipe le Colonéen, tragédie en deux actes par Sophocle, traduite du grec en francais, précédée d'un discours sur la tragédie greque
Entstehung
Einzelbild herunterladen

. Oedipe. Ma fille, quel sujet t'amène? Ismène. Un soin qui vous regarde. Oedipe. Sont-ce des regrets? Ismène.

Je vous apporte des nouvelles, accompagnée du seul serviteur qui me soit resté fidèle.

Oedipe.

Que font tes frères? Ismene.

En quelque lieu qu'ils soient, un sort cruel les accable. Oedipe.

Oh! que par leur caractère et leur conduite, ils nous rappellent les lois alors en vigeur en Egypte! les hommes restent chez eux occupés à faire la toile, tandis que les femmes vont chercher en dehors les choses nécessaires à la vie. Ce seraient eux, ö mes filles, qui devraient supporter la fatigue que vous endurez, et ils restent en- fermés chez eux comme des vierges timides: pour vous, vous souffrez avec moi ce que vos frères devraient souffrir. L'une, depuis qu'elle est sortie de l'enfance et que son corps s'est fortifié, toujours errante, malheureuse, elle conduit son vieux père à travers des forêts sauvages, nu-pieds, exposée à la pluie et aux ardeurs du soleil, dédaignant les douceurs qu'elle trouverait chez elle, pour procurer quelque nourriture à son vieux père; et toi, d mon enfant, tu es venu à l'insu des Cadméens, m'apporter les pré- dictions de'oracle qui concernent ce corps; et tu t'es instituée ma fidèle gardienne, lorsque j'ai été chassé de ma patrie. O Ismène, que viens tu annoncer à ton père? Quelle nouvelle t'a fait sortir de ton palais? car tun'es pas venue ici sans raison(et je le sais clairement) puisses-tu ne m'annoncer des choses facheuses.

Ismène.

Je ne vous dirai point, mon père, tout ce que j'ai souffert en cherchant dans quels lieux vous aviez pu vous retirer: je ne veux point par un récit affligeant de mes peines, en éprouver encore l'amertume. Je viens vous informer des maux qui me- nacent aujourd'hui vos deux fils malheureux. IIs semblaient d'abord n'avoir d'autre désir que de confier le tröne à Créon, et de ne pas souiller leur patrie, en consi- dérant la täche imprimée à leur race, et les maux affreux qui ont accablé votre mai- son; mais, à présent, poussés par les Dieux et par un génie pervers, une ambition