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DPD'admiration était la passion produite par l'Epopée. Pour sentir que la terreur et la pitié étaient celles qui conviennent à la Tragédie, ce fut assez de comparer une pièce où ces passions se trouvassent, avec quelqu'autre pièce qui produisit l'horreur, la frayeur, la haine, ou l'admiration seulement. La réflexion sur le sentiment éprouvé, et méêéme sans cela les larmes et les applaudissements des spectateurs, suffirent aux premiers poètes tragiques pour leur faire connaitre quels étaient les sujets vraiment faits pour leur art, et auxquels ils devaient donner la préférence.
Telle fut vorigine de la Tragédie.
Née de l'Epopée, née dans un temple, elle ne pouvait manquer d'être frappée de religion dans son premier àge.
Les poèmes d'Homere ne sont qu'un tableau continu de l'influence des dieuæ sur les choses humaines, et l'idée particulière des spectateurs qui venaient à la Tragédie, comme à un acte de culte et de piété, devaient nécessairement tourner l'esprit du poète vers quelque obsjet de religion. C'est la grande différence entre la Tragédie ancienne et la nötre..
Les Grecs qui avaient observé que les hommes qui se livrent aux passions violentes, sont d'ordinaire précipités dans quelque malheur éclatant, consacrèrent cette vérité par la religion, et dirent que c'était la loi méme du ciel ou du destin qui l'ordonnait ainsi. Et par une induction naturelle en pareil cas, ils ajoutèrent que toutes les fois que les hommes tombaient dans les grands malheurs, c'était l'ordre même des dieua dont les raisons, pour être dérobées aux faibles mortels, n'en sont ni moins justes ni moins respectables. Les grands crimes memes y entraient comme des panitions d'au- tres crimes antérieurs.
De ces opinions sombres mélées d'inquiétude, il résultait que les hommes qui
souffrent doivent se soumettre, et que ceux qui en sont témoins, mais exempts, doivent s'attendrir en faveur des malheureux, et trembler pour eux-mémes. Par ce moyen la terreur et la pitié se trouvaient placées, méeme par la croyance puplique, dans le fond de tous les événements malheureuæ, ce qui donnait le plus grand avantage à la Tragédie, pour arriver à son but, et aux poètes, pour y arriver par les voies les plus simples.
facade de la scène. Sous la scene, c.-a.-d., sous le sol du théatre, sous le plancher. Au-dessus de la scne, C'est tout ce qui paraissait plus élevé que les bàâtiments représentés, comme les machines à lancer la foudre. Autour de la scene marque les fonds et les côtés ou étaient les décorations communes.


