Aufsatz 
Oedipe le Colonéen, tragédie en deux actes par Sophocle, traduite du grec en francais, précédée d'un discours sur la tragédie greque
Entstehung
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Du reste, il fallait un second pour constituer le drame, et faire ce qu'on appelle un dialogue¹).

Ce fut Eschyle d'Athenes*) qui acheva de former le drame héroique ou la Tra- gédie. Il y mit deuæ acteurs, au lieu d'un. II leur fit entreprende une action dans laquelle il transporta tout ce qui pouvait y convenir de l'action épique. Il y mit expo- sition, noeuds, efforts, dénouement, passions, intéréts.

L'idée du récit mis en spectacle une fois saisie, le reste devait venir aisément. Il donna à ses acteurs des caractères, des moeurs, une élocution convenable.

Par cette révolution le Choeur, qui dans P'origine avait été la base du spectacle, n'en fut plus que l'accessoire, et ne servit que d'intermède à l'action, de mème qu'au- paravant l'action lui en avait servi.

Eshyle donna à la Tragédie les robes tratnantes), le masque) et le cothurne); il fit mettre des scenes peintes au lieu des branches chargées de leur feuillage, em- ployées jusqu'alors)..

¹) Un acteur qui parle seul, fait ce qu'on appelle un monologue, et quand plusieurs parlent, et qu'ils parlent Pun à Pautre, c'est un dialogue. 2) Post hunc personae pallaeque repertor honestae Aeshylus, et modicis instravit pulpita tignis, Et docuit magnumque loqui, nitique cothurno. Hor. art. poët.

Tragoedias primum in lucem Aeschylus protulit, et sublimis et gravis, et grandiloquus saepe usque ad vitium etc. Quintil. 10.

3) Les Grecs portaient dans la Tragédie de longues robes, appelées syrmata, mot tiré du Grec, a5 ο, traho; dans la Comédie c'étaient des manteaux, pallia, et chez les Romains des toges, togae. De les Comédies que l'on appelait Palliatae, c.-à.-d., dans les moeurs Grecques, et celles qu'on appelait Togatae, c.-à.-d., dans les moeurs Romaines.

4) Tous les acteurs jouaient masqués. Leurs masques étaient une tête entière, comme un casque, ayant un visage peint, des chereuæ, des couleurs, et une grande bouche, disposée tellement qu'elle- grossissait beaucoup la voiæ. C'est pourquoi on les appelait, persond, à personando. C'est à un de ces masque que le renard dans Phèdre dit: Praeclarum caput, cerebrum non habet. Belle téte, point de cervelle.

5) La chaussure de la Tragédie était le cothurne, chaussure haute qui relevait la taille des ac- teurs, et les faisait approcher de Phéroique. Le brodequin, soccus, était une chaussure plate et ordinaire. On prend souvent le nom de ces chaussures pour désigner les deuæ espèces du drama- tique: le cothurne désigne par son élévation la dignité, la noblesse du style tragique, et le bro- dequin, la simplicité du style comique.

e) Les Anciens entendaient par scene, la façade qui fait le fond de la perspective. Lavank- scone, le proscenium, était le lieu paraissaient les acteurs, ce que nous appellons aujourd'hui le théàtre. Derrière la scène, c'est Pendroit s'habillaient les acteurs; il était placé derrière la

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