qu'il s'obstine à rester sur le tröne. Du reste Ladislas n'entend rien au gouvernement d'un état et, au lieu de s'occuper sérieusement d'acquérir les connaissances indispensables à un souverain, il passe son temps à la débauche. Il est vicieux, haineux, violent dans ses hai- nes et répand le sang de ses ennemis sans le moindre scrupule. Ce qui, tout particu- lièrement, afflige le roi, c'est que Ladislas poursuit de ses haines le due Fédéric, qui, pour les services qu'il a rendas à la patrie, mériterait toutes les faveurs et tous les égards d'un fils du roi, et, ce qui pis est, qu'il est jaloux de son frère Alexandre, excellent prince qui n'a aucun tort envers lui.—
Une fois, Ladislas, impatienté, veut faire une objection, mais le roi continue sa semonce, rendant Ladislas responsable, par le mauvais exemple qu'il donne, du désordre qui désole le pays. Et pourtant, chose étrange, en mèême temps qu'on le méprise, on l'aime ce Ladislas, car il a certaines brillantes qualités qui éblouis- sent. Qu'il täche done de se conserver le coeur du peuple, qu'il entretienne cet attache- ment par des vertus, qu'il mette un frein à ses passions, et alors il régnera en mattre absolu sur un peuple soumis par l'admiration et l'amour. Sinon, s'il persiste dans son genre de vie criminelle, lui, le roi saura bien oub- lier qu'il est père, et abandonnera le coupable à toute la rigueur des lois.
Ladislas demande la permission de réfuter toutes les accusations portées contre lui, et le roi lui cède la parole, espérant être désabusé.
Ladislas avoue qu'hier, en partie de chasse,
il avait en effet exprimé à ses compagnons son étonnement que son père, malgré son âge avancé, voulút régner encore, au lieu de lui céder la couronne, à lui, son fils ainé. Quant à Fédéric, il le hait, mais pour causes. Selon lui, Fédéric est un ministre fatteur et félon, qui prend plaisir à desservir le fils auprès du père. OQuant à Alexandre, son propre froͤre, il le hait plus encore, parce que, dans une querelle où il prenait le parti de Fédérie, il a o0sé tirer l'épée contre lui, son atmé. Cet affront demande une réêparation par les armes dans les 24 heures. Après la vengeance, lui, Ladislas, aura au moins môrité le mépris qu'on lui prodigue si volontiers.
Ne sachant que faire pour appaiser ce ca-
ractère violent, et reconnaissant que les ran- cunes de Ladislas ne sont pas sans quelques raisons d'étre, le roi lui offre de partager le tréne avec lui. Ladislas accepte.
Entre Alexandre. Le roi lui ordonne de demander pardon à Ladislas. Alexandre hésite, mais, par respect pour son poère, il obéit enfin, et les deux frères s'embrassent. Alexandre sort sur l'ordre du roi pour faire venir Fédéric. Tous deux entrent suivis d'Octave.
Venceslas autorise Fédéric à demander une gräce en récompense des services qu'il a ren- dus à la patrie. Cédant aux instances du roi, Fédéric s'appréète à lui demander:
„Un servage, seigneur, plus doux que votre empire,““
c'est à dire, sans doute, la main d'une femme qu'il aime. Mais, sur le point de préciser, il est in- terrompu par Ladislas, qui, devinant le nom qu'on allait entendre, lui impose brusquement de se taire. Fédérie se tait et sort avec Alexandre.
Laà-dessus Venceslas fait quelques re- proches à Ladislas sur son nouvel emporte- ment, puis il le quitte.
Octave, confident de Ladislas, supplie ce- lui-ci de se modérer. Mais Ladis las entre de nouveau en fureur contre Fédéôrie, qui, après lui avoir enlevé les emplois qui lui eus- sent fourni l'occasion de se distinguer, voudrait encore lui enlever Cassandre qu'ils aiment tous deux.
Voilà le premier acte; le seccond commence par un dialogue entre Cassandre et Théodore, sa confidente.
Théodore cherche à vaincre les griefs de Cassandre contre Ladislas, lui disant de ne pas oublier qu'un jour Dadislas serait roi. Mais Cassandre, sachant bien que Ladislas ne pense à l'épouser que parce qu'il sait que ja- mais elle ne consentirait à étre sa mattresse, et qu'il saurait aisément se ‧ faire d'une épouse dont il serait las bien v. te, le méprise. Théodore tache d'atténuer les d fauts du prince, mais en vain.
Entre Ladislas. II reconnait avoir man- qué de respect à Cassandre et la supplie d'oublier une indiscrétion que devrait excuser sa jeunesse, sa violente passion et son amour épuré par un profond re pect. Mais Cassandre s'y refuse, elle ne peut pardonner l'affr ont que Ladislas a fait à son honneur, affront que même une couronne ne saurait lui faire


