oublier; si jamais elle se marie, elle saura bien choisir son vainqueur. Cette allusion à un fait, qui du reste est accompli en secret, fait éclater la fureur de Ladislas contre son rival qu'il eroit connaitre et qui, selon lui, lui est inégal sous tous les rapports. Cassandre réplique que, quoique son rival ne soit pas du méême rang que lui, il n'a pourtant rien à lui envier, achevant ainsi de mettre La- dislas en fureur. Il voue son rival à la mort, se repent d'avoir obéi à la raison en respee- tant les lois, s'en veut à lui même d'avoir aimé une femme indigne de lui, se déclare affranchi, dès ce moment, de cet amour in- pensé et bannit à jamais de son coeur l'image
adoré de Cassandre Celle-ci lui annonce avec
une froideur pleine d'ironie que, pour le guérir complètement de cet amour, elle s'impose un exil volontaire, lui dit adieu et sort.
Ladislas interdit, veut la retenir mais Théodore, sa soeur, l'en empéêche. Suit un dialogue entre frère et soeur.
Ladislas se ravise. Sa fierté, blessée au vif par l'ironie de Cas andre, se réveille, et il promet à sa soeur d'oublier cet indigne amour que maintenant il còde volontiers au duc de Courlande.
Le nom du duc, laché à l'aventure, cause une vive douleur à Théodore, qui ignorait encore les relations de Cassandre avec Fédéric, qu'elle aime et dont elle se croit aimée. La- dislas les lui apprend et avoue que cet amour, plus que toute autre chose, est le motif de sa haine contre Fédérie, puis il sort.
Théodore, demeurée seule, exhale sa dou- leur dans un monologue; elle est interrompue par Léonor qui annonce Fédérie. Théodore le refuse sous prétexte d'indisposition. Entre Alexandre. II regrette que Théodore ait duü refuser Fédéric, que lui-mêème avait envoyé pour solliciter le secours de Théodore, afin d'obtenir la main de Cassandre. Car déeide- ment, Ladislas n'est pas digne de Cassandre, tandisque Fédéric l'aime d'un amour dont lui, Alexandre, répond volontiers. Là, le mal de Théodore s'accroft subitement, et elle se retire.
Le troisième acte commence par un mo- nologue de Fédéric, qui se résigne à l'amour sans espoir.
Alexandre vient le trouver et lui reproche ses réticences envers lui, son ami„Mainte- nant que mon mal est incurable, 16pond Fé-
déric, j'aurais tort de vous en donner une part, car c'est bien assez d'un seul malheu- reux.“ Mais Alexandre n'entend pas cela, et il offre son bras à Fédérie pour le venger de Ladislas. Eff ayé d'une vengeance sur la per- sonne d'un prince, Fédérie s'obstine à ne pas confier le motif de sa tristesse à Alexandre, d'autant plus qu'il voudrait taire certain nom qui est pour beaucoup dans son malheur. Ce nom, Alexandre croit le deviner, c'est celui de Cassandre, son épouse; pourtant il ne lui en veut pas Et il a bien raison, car ce mème Fédéric qui est pris d'amour pour Cassandre, donne à Alexandre le conseil de sortir du mystère et d'épouser Cassandre devant le monde, ne füt-ce que pour la préserver des- poursuites de Ladislas qui, par l'attrait d'une couronne, attrait toujours des plus vifs pour une femme, pourrait bien finir par se faire aimer d'elle. Sur ses instances, Alexandre prend la résolution de légitimer sa liaison avec Cassandre, mais il tient à garder encore quelque temps le secret sur son mariage. Le temps, dit-il, fera le reste, et le courroux du roi, ainsi que la jalousie de Ladislas passeront.
Entre Cassandre, qui le supplie de mettre un terme à ses angoisses et de l’'épouser de- vant le monde; il lui annonce que cela va se faire aujourd'hui-mòôme et l'invite à sortir avec lui pour prendre ensemble les mesures néces- saires pour cette cérémonie.
Avant de sortir, ils sont harangués par Ladislas, qui, dans une longue tirade et sur un ton ironique, dit des choses excessivement désobligeantes à Cassandre et lui fait part que, décidément, il renonce à elle.
„Oh! la noble coldère!
Conservez-moi longtemps ce généreux mé- pris,
Et que bientôt, seigneur, un troône en soit le prix!“
Voilà tout ce que Cassandre lui répond, puis elle sort avec Alexandre. Ensuite La- dislas fait part à Fédéric qu'il venait juste- ment le chercher de la part du roi pour lui dire que, maintenant, il est libre d'exprimer ses désirs et que lui, Ladislas, loin de s'yop- poser, les appuierait auprès du roi. Mais Fé- déric réplique que, ne sachant s'il serait agrée par la dame qu'il aime, il ne sait que faire de cette permission. Ladislas espère que bien- töͤt tout s'arrangera.


