8
dans la„Héfende de' Ecole des femmes“,'Impromptu de Versailles, la fatuité ridicule des marquis; dans le„Misanthrope, les faiblesses, les travers et les défauts des hommes vertueuw; dans„l'bare et le, Tartuffe, Tavarice et Phupocrisie dans toute leur horreur“.
On peut assigner à Mol. la premieère place parmi les écrivains comiques de kous les temps et de kous las pags. Personne comme lui n'a peint l'humanité telle qu'elle existera éternellement. On lui oppose Shakespeare, qui ne lui est pas comparable. Mol. n'a pas PV'esprit brillant, le pathétique, le sublime et les peintures poétiques de Shak.; mais il l'emporte sur lui par la force et la profondeur du bon sens, par le but moral qu'il a donné à la comédie, par un coup d'oeil perçant qui lui fait découvrir les vices et les kravers dans toutes les formes, et par les traits soudains dont il les frappe au moment où l'on s'y attend le moins. Mol. n'aurait pu faire Romeo et Juliette, Othello, Hamlet, Macheth, le roi Lear; mais Shak. n'a rien écrit de comparable au Tartuffe, au Misanthrope et aux Femmes savantes. L'un est le premier tragique du monde, comme l'autre en est le plus grand comique. Louis XIV se déclara ouvertement le protecteu de Molière, en 1665, permettant à sa troupe de comédiens de prendre le titre de„Troupe du roi“, fit à Mol. une pension de 1000 livres et de 7000 livres pour ses compagnons.
A 40 ans, Mol. épousa une jeune actrice qui n'en avait que dix-sept. C'était une femme jolie, légère, vaine et coquette qui lui infligea tous les tourments et tous les ridicules d'un mari jaloux. Ces chagrins étaient encore aigris par la faiblesse de sa santé qui était tellement faible qu'il ne vivait que de lait. Acteur, auteur, directeur de théatre et valet de chambre du roi, Mol. n'éprouva jamais les embarras de la fortune. Mol. était en vérité le père de ses comédiens, et il n'avait épargné ni soins, ni peines, pour former sa troupe qu'on nommait„une troupe accomplie.“
Mol., se moquant de tous les états dans ses comédies afin de les corriger, s'était fait beaucoup d'ennemis, qui poussaient l'infamie jusqu'à l'accuser, dans un placet présenté au roi, d'avoir épousé sa propre fille. Le due de-ſa Feuillade lui prit un jour dans une galerie de Versailles la téte et lui frotta le visage contre les boutons de son habit. Molière avait la figure tout en sang. A ce temps, un comédien n'ayant pas le droit de demander raison d'une insulte à un grand seigneur, Louis XIV, à son éternel honneur, tança vertement La Feuillade pour avoir insulté un homme de génie, et il dit à Mol. de continuer à traduire sur la scène les ridicules kitrés et non titrés.
Mol. étant mort excommunié, l'archevéque de Paris lui refusa la sépulture. II fallut un ordre secret de Louis XIV pour obtenir un peu de terre au grand homme qui avait consacré son génie à réformer et à divertir ses contemporains. Son corps fut porté en silence, le soir, au cimetière de Saint-Joseph, tandisque Shakespeare, acteur et auteur comme Mol., repose parmi les grands hommes de sa nation dans le panthéon britannique de Westminster.
Portraits par Molière.
Devoirs d'une mère de famille: Former aux bonnes moeurs P'esprit des enfants, Faire aller son ménage, avoir l'oeil sur ses gens, Et régler la dépense avec économie, Doit étre son étude et sa philosophie.
Le médecin.
Obs. La classe de la société la plus ridicule par son pédantisme était alors celle des médecins. Ils portaient une longue robe noire et une grosse perruque, affectaient un air grave, parlaient ordinairement latin; quand ils parlaient français, ils n'employaient que des termes techniques que per- sonne ne comprenait.


