7 des livres de piété, ne mit jamais le pied au théätre. Rac. eut sept enfants à qui il inspira le mépris des romans et des pièces de théätre; c'est pourquoi il ne permettait pas à ces enfants d'aller au thédtre. L'éducation qu'il leur donna fut toute morale. Voici ce qu'il écrit à son fils ainé: Le Plus grand déplaisir qui puisse m'arriver au monde, c'est sil me revenait que vous êtes indévot et que Dieu vous est devenu indifférent.“
La fortune de Rac. était médiocre. Du reste, Colbert lui accorda une pension de 2000 livres et une charge de trésorier des finances au bureau de Moulins, et le roi le nomma gentilhomme ordinaire de la chambre et historiographe de France avec son ami Boileau. Rac. avait la figure noble et belle; sa voiæ était agréable, ses manières, distinguées, de sorte qu'il réunissait tous les avantages propres à le faire briller dans le monde. II était le favori du roi, qui aimait surtout à 'entendre lire et déclamer; au talent de poète il joignait celui d'acteuer.
Quelque agrément que Rac. trouvat à la cour, son plus grand bonheur était de se voir entoure de sa femme et de ses enfants. Son fils dit de lui:„Mon poère était de tous nos jeux. Dans nos processions, mes soeurs étaient le clergé, j'étais le curé, l'auteur„d'Athalie“, chantant avec nous, portait la croix.“
Rac. fut regu à l'Académie française, en 1673, et il y remplacça la Mothe le Tayer. Dans les vues de madame de Maintenon, épouse de Louis XIV, Rac. avait fait un projet de finances, dont l'objet était de proposer un plan de réforme et de législation qui pùͤt soulager la misère du peuple. Louis XIV surprit ce projet entre les mains de Madame de Maintenon et blama hautement le zèle inconsidéré de Rac. Madame de Maintenon lui fit dire de ne pas paraitre à la cour jusqu'à nouvel ordre. Rac. ne douta plus de sa disgrace. II retourna quelque temps après à Tersailles, oùð kout était changé pour lui. Louis XIV ayant un jour passé dans la galerie sans le regarder, Rac. en mourut de chagrin, après avoir trainé, pendant un an, une vie languissante et pénible, en 1690.
Molidère(1622— 1673).
Jean-Baptiste Poquelin, devenu immortel sous le nom de Molière, était fils d'un tapissier de Paris, valet de chambre de Louis XIII. Après de bonnes et rapides études, il fut regu avocat; mais il se dégoüta bientôt du barreau et se fit comédien. Ses premidères pièces n'étaient que des farces. A 38 ans, il donna les„Précieuses ridicules“, la première de ses comédies qui fút une représentation réelle de la vie humaine. Molière se proposa un but plus grand et plus utile que ses contemporains. Guidé par le„Menteur“ de Corneille, il voulut faire servir la comédie à réformer la société. La comédie, telle qu'il la créa, devint l'école des mours, le tableau le plus fidèle et la meilleure histoire de la nature humaine.
Mol. possédait, à un degré éminent, toutes le qualités qu'exigeait ce rôle de réformateur: un jugement Juste, un profond bon sens, une àme honnéte et sensible, un esprit observateur, et une par- faite connaissance du coeur humain. On a dit qu'il savait le coeur humain par coeur.
Dans les„Précieuses ridicules“, Mol. attaque le style affecté, maniéré; dans les„Femmes savantes“, le péchantisme et la manie des sciences chez les femmes; dans le„Mariage forcé“, le verbiage scientifique des savants, la manie de Philosopher à tout propos, Taprès les lois d'Aristote la sotte doctrine du pyrrhonisme(scepticisme); dans le„Dépit amoureuæ“, la folie des querelle; amoureuses; dans le „Festin de Pierre“, IAmour mẽdecin, le Méddecin malgré der. M. de Purceaugnac,, le Malade imaginaire, le charlatanisme pédantesque et pignorance des médecins; dans la„Comtesse q Ecarhagnas“, dans le „Sicilien“, les magistrats petits-maftres; dans les„Fourberies de Scapin“, la manie de plaidoyer; dans,'Ecole des Femmes“, le préäjugé de tenir les femmes dans Pignorance; dans„Georges Dandin“, le„Bourgeois gentilhomme“, la fureur de s'élever au-dessus de sa condition, les ridicules des parvenus;


