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qu'elle n'avait point eu jusqu'alors. De retour à Paris, en 1664, il y fit connaissance avec Molière, ce poète si Philosophe, et que Boileau regardait comme le genie le plaus rare du siècle de Louis XIV. Une circonstance particulière causa entre Molière et lui un refroidissement qui dura toujours, mais ils ne cesserent jamais de s'estimer. Rac. se lia, la méme année, avec Boileau, qui se vantait lui avoir appris à faire difficilement des vers faciles. Dès ce moment, il s'établit entr'eux un commerce d'amitié qui a duré, sans interruption, jusqu'à la mort de Racine.
Oeuvres de Racine.
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Rac. a commencé sa carrière dramatique par„Etéocle et Polynice“, et par„Alexandre“; ce sont les plus faibles de ses pièces; elles sont composées d'après la manière de Corneille, mais Rac. avait plutôt imité les défauls que les qualités du maĩtre.„Andromaque“, représenté en 1667, fait voir P'essence du génie de Rac.; cette pièce a prouvé que le poète savait entrer dans la situation de chacun des personnages qu'il met en scène, s'abandonner à tout ce qu'ils doivent sentir, et le rendre avec une vérité parfaite et dans un langage mélodieuw. La pièce, sans être la plaus parfaite de Rac., est celle qui produit encore le plus d'effet au théatre par'énergie et la vorité des passions et par cette continuelle alternative de crainte et d'espérance, de terreur et de pitié, qu'on veut trouver dans la tragédie.„Andromaque“, modele d'amour maternel et de piété conjugale, forme un heureux contraste avec les passions violentes dont elle est environnée; c'est une mère et une pouse chrétienne. Pyrrhas, fils d'Achille, menace de livrer Astyanaæx, fils d'Andromaque, veuve d'Hector, aux Grecs, si elle refuse de l'épouser. Pour sauwer son fils, Andromaque se résigne à cette union, mais elle veut mourir aussitôt après, pour rester fidèle à la mémoire de son premier époux. Hermione, dédaignée par Pyrrhus, qui ne peut aimer qu'Andromaque, fait assassiner Pyrrhus par Oreste, dont l'amour pour Hermione est sans borne, au moment où Pyrrhus va épouser Andromaque. Oreste vient demander Hermione pour pria de son crime, mais elle le repousse avec horreur; Oreste se livre au désespoir qui termine la pièce. Ces fureurs d'Oreste ne cessent de produire une profonde impression sur les spectateurs. Rac. a composé dix tragédies et deux comédies; parmi les premidères, les plus parfaites pièces sont:„Phedre“, nommée par Voltaire„le chef-d'oeuvre de l'esprit humain, et le modele cternel, mais inimitable de quiconque voudra Jamais écrire en vers“;„Esther“(composée à la prièdre de Mad. de Maintenon), dont Madame de Sévigné dit:„Tout y est beau, tout y est grand, tout y est simple, kout y est sublime et touchant“;„Athalie“, pièce considérée comme le chef-d'oeuvre de la seèdne française; Voltaire en dit:„Ouel style! quelle poësie! Ah! quel homme que Racine!“ Athalie, après avoir été imprimée, ne trouva point de lecteurs. L'histoire n'offre peut-èêtre pas un autre exemple aussi frappant des effets de préventions injustes et de la vanité de la gloire littéraire. Rac. fut désolé de cet inſurieuæ dédain. Boileau, qui jugea„Athalie“ comme la postérité, avait beau lui répéter:„C'est votre chef-d'ocuore; je m'y connais, le public y reviendra“, ce qui m'est arrivé qu'en 1716, dix-sept ans après la mort de Rac., où la tragédie réussit au théätre. Le sensible podète se persuada que son goüt s'était affaibli par l'ge, comme celui de Corneille, et il emporta au tombeau le regret d'avoir donné atteinte à sa réputation dramatique. En général, on peut dire des pièces de Rac. qu'elles ont eu le sort de kous les bons ouvrages, c'est-à-dire, qu'elles furent critiquces avec autant de fiel que d'ignorance par les contemporains, et justement admirées des vrais connaisseurs, les seuls hommes dont le suffrage entraine, tôt ou tard, celui de la nation, et dont la voix se fasse entendre dans Pavenir.
Pour expier les fautes de sa jeunesse, Rac. avait eu l'intention de se faire chartreuæx, mais il resta dans le monde et épousa mademoiselle de Nomanet, fille d'un trésorier des finances au bureau d Amiens. Sa femme était pieuse et sensée, mais sans aucune notion de littérature; elle ne lisait que


