4 de la Barca(1601— 1687), et le théâtre français doit beaucoup à ces hommes de génie. Corneille doit, en effet, le développement subit de son génie à l'étude de la littérature espagnole.
Un an après„Médée“, parut„le Cid“(1639). De P'apparition de cette tragédie classique date la fondation de la tragédie française, commence l'ere d'or de la littérature française, le siècle de Louis XIV. Boileau éerit, trente ans plus tard; sur cette pièce:
„En vain contre„le Cid“ un ministre(Richelieu) se ligue:
„Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue:
„L'Académie en corps a beau le censurer;
„Le public révolté s'obstine à l'admirer.“(Satire IX.) Dans„Horace“, Corneille atteignit au plus haut degré du sublime. Le caractère du vieil Horace, qui aime ses enfants, mais qui, en orai NRomain, aime encore mieuæ sa patrie, a une grandeur qui domine toute l'action et qui en fait l'anité. Son inflexibilité sur P'intérét de Rome ne ferme point son coeur aux sentiments de la nature. II s'attendrit, en interrompant les adieux de son fils et du fiancé de sa fille qui se séparent pour aller s'égorger.(Acte II, Sc. 7.) Camille, apprenant la mort de Curiace, exhale sa douleur en exclamations fouchantes qui la font partager. Son imprécation contre Rome est la plus belle qu'il y ait au théatre..
„Cinna“(1639) est un nouveau chef-d'oeuvre de Corneille. Le sujet en est pris de Séneque, et Corneille a su populariser un des plus beaux exemples de cléemence dont l'histoire ait conservé le souvenir, celui d'uguste pardonnant à Cinna, petit-fils de Pompée, qu'il a fait élever comme son flls, et qui veut l'assassiner. La représentation de cette pièce produisit sur l'auditoire un effet difficile à rendre. Dans le„Martyre de saint Polyeucte“, la plus sublime des tragédies chrétiennes, Corneille s'éleva encore plus haut que dans„Cinna“. L'arrét de Phôtel de Rambouillet n'a pas été favorable à la pièce; mais la postérité a cassé cet arrêt et considéré„Polyeucte“ comme le plus beuu chef- d'oeuvre de Corneille.„Pompée“,„Rodogune“, Héraclius“, tragédies de Corneille, sont bien inférieures aux pièces mentionnées, regardées comme des chefs-d'oeuvre, représentés sur tant de théatres, kraduits en tant de langues, et qui vivront α amais dans la bouche des hommes. Après avoir composé encore quelques pièces insignifiantes, Corneille renonça au théâtre(1653). On dit de lui que nul w'était monté si haut ni tombé si bas. Ce grand homme était un génie instinctif, remarquable par P'elévation des idées et des sentiments; mais il avait le goüt peu sur. II ignorait Part d'écrire; il ne fait qu'erposer son idée.
Le style de Corn. ne montre point, comme celui de Racine, cette expression oëtique, qui augmente l'impression des objets et qui consiste dans les idées accessoires et dans l'habileté à traiter les détails; il montre la chose telle qu'elle est, en se servant seulement des mots destinés à la désigner. Corneille, si dlevé, quand il faisait parler des Romains, était ennugeuæ et maussacde en société. II avait une timidité gauche, un extérieur commun et négligé à'ercès, une paresse invincible à soutenir la conversation, et il ne savait guère parler que sur des sujets qui se rapportaient au théatre. II dit de lui-même:
Pai la plume féconde et la bouche stérile;
Hon galant au théätre et fort mauvais en ville;
Et l'on peut rarement m'écouter sans ennui,
Que quand je me produis par la Douche d'autrui. Il ne parla jamais bien correctement sa langue; sa prononciation m'était pas nette, et il ne savait ni réciter ses vers, ni lire son écriture, défauts, qui nuisaient heaucoup au succès de notre poète dans le monde et aux progrès de sa fortane..
Après avoir renoncé au théatre, Corn. résolut de consacrer son talent à des ouvrages de pieté. Il aimait beaucoup sa religion, en remplissait exactement tous les devoirs; il récitait méme, pendant
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