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Ces règles sont de deux sortes: d'ordre matériel ou d'ordre intellectuel; car l'art de la lecture repose à la fois sur l'exercice d'un organe physique, la voix, et d'un organe spirituel, la pensée.
La première règle s'énonce sous cette forme. Que P'élève ne lise jamais que ce qu'il comprend, Gest à dire ce qu'il sent. Sentir ce que l'on dit, voilà le grand principe de la lecture comme de la récitation. Une phrase bien comprise et bien sentie se grave d'autant plus aisément dans la mémoire. Sous ce rapport le temps qu'on mettra à préparer sa lecture ne sera pas du temps perdu.
En outre, il importe au plus haut degré que les élèves ne récitent aucune page sans observer les lois fondamentales de l'art de bien dire. Ils s'y prépareront par une application soutenue dans tous les exercices: lectures de devoirs quotidiens, réponses orales etc. Qu'ils retiennent aussi les objets précis de ces lois élémentaires. IIs se rapportent à la respiration, la voix, la prononciation, l'articulation, haccentuation, la ponctuation et la liaison.
Nous parlons de règles. Assurément il y en a; mais elles n'ont pas toutes ce caractère absolu que contient la définition du terme. Elles souffrent des exceptions et ''usage en maintes applications paraft arbitraire.
Tantôt on ne peut fournir que des indications approximatives, tantôt que des directions générales au lieu de règles inflexibles dont on woserait s'écarter. I.inter- prétation de la pensée de l'auteur justifie parfois des licences. Il faut en tout cas— C'est l'essentiel— rester naturel partout et se rappeler ce précepte de Molière:»Il vaut mieux parler avec une prononciation qui w'est pas tout à fait selon les règles, que de choquer avec une prononciation d'une exactitude trop pédantique«.
Mais celui qui m'est pas en pleine possession d'une langue étrangère, qui apprend encore à la lire, doit absolument se soumettre aux règles indiquées dans les pages suivantes. Au cours de P'enseignement on peut tenir à la stricte observation de ces lois. L'usage apprendra toujours assez tôt à les violer.
La respiration.
La respiration fournit aux poumons bair nécessaire à vivre. Sans respiration, pas de vie; mais aussi: saus respiration, pas de langage. Tous les sous du langage tirent leur origine de la respiration. Les organes qui servent à produire la respiration sont les poumons, le diaphragme et la trachée-artère. IL. a respiration est modifiée par trois organes: le larynx, la bouche et le nez. Sest avec leur aide que la parole se produit. L. a respiration se compose de deux actes: aspirer et expirer; l'aspiration se fait par le nez, P'expiration par la bouche et par le nez. Lair aspiré dont nous remplissons notre poitrine, sert dans Pexpiration à mettre en vibration les cordes vocales.
Daspiration doit êétre complète, de façon à avoir les poumons bien garnis d'air. Le lecteur qui au début de la phrase m'a pas aspiré assez profondément devra reprendre son souffle au milieu et sa lecture haletante deviendra défectueuse. On doit sy'étudier à respirer en gonflant et en dégonflant la poitrine avec une lente régularité. Il y a de méême mauvais résultat, quand P'expiration se fait trop vite. Ménageons soigneusement notre haleine et ne dépensons de souffle qu'autant que la voix en exige. Afin d'aspirer et d'expirer plus librement, le corps doit rester dans la verticale. Dans cette position les poumons travail- lent dans leur capacité totale.


