Quelques principes sur la lecture à haute voix, spécialement sur la liaison des mots en francais.
A. L'art de la lecture.
La lecture à haute voix est une des bases de l'enseignement. Elle constitue un art dont la possession compte parmi les avantages les plus réels, qu'il sagisse de notre langue maternelle ou d'une langue étrangère. Les temps sont passés où la lecture à haute voix constituait un luxe, un art chagrément, réservé à certains talents privilégi'és. De nos jours cet art, reconnu indispensable, se vulgarise de plus en plus.
Oest mettre en évidence que la diction garde son importance bien au delà des années d'étude. Nous travaillons pour la vie en nous évertuant à bien lire. Reconnaissons donc de quelle utilité peut éêtre l'étude de la lecture à haute voix.
Combien de fois m'avons-nous pas été témoins de cette scène ridicule: telle personne mue par une excellente intention, mais qui n'a pas Pexpérience de la lecture à haute voix entreprend tout à coup de lire un article de journal ou une page du livre qui 'intéresse. Pour peu que l'exercice se prolonge, sa voix, prise sans réflexion dans un registre trop haut ou trop bas, s'altéère. La respiration manque. La lecture s'en ressent; elle devient aussi pénible aux auditeurs qu'au lecteur, lequel, parfois, s'arréte exténué avant la fin. Pourtant cet homme possédait toutes les aptitudes natives pour lire avec charme. Seulement, inconscient des difficultés d'un tel art, il wa su faire valoir ses. facultés naturelles. Il a»pu« lire, mais il n'a pas»su« lire.
Soyons-en convaincus: il faut apprendre à lire, et cela dans la jeunesse. L'enfant perçoit avec son instinct plus qu'avec sa raison. II saisit intuitivement les principes et les règles. Mais il appartient au professeur de lui présenter sous une forme claire et systématique cet ensemble de sensations confuses qui encombrent les cerveaux jeunes. Voilà le but de ce petit traité: il permettra de se familiariser promptement aux difficultés principales de la diction française.
Il va sans dire que la lecture dans une langue étrangère est plus ardue à faire que dans la sienne. Elle exige de celui qui Pentreprend plus de connaissances, plus chattention, plus de soin. De méme qu'il existe des règles communes à toutes les langues, de méème chacune possède des particularités, conformes au génie du peuple, qui font souvent tant de peine à l'étranger.


