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Gallos Caesar in triumphum qucit, iidem in curia 1 Galli braccas deposuerunt, latum clavum sumpserunt. ¹)
Mais les larges vues de César ne s'arrétèrent pas devant ces clameurs. Il rompit ouver- tement avec cette antique politique qui exploitait les pays conquis, car il sentait que la force d'as- similation de Rome, quelque grande qu'elle fuùt, ne suffisait pas pour absorber tant d'Eléments hétéro gènes; dès lors il inaugura un nouvel ordre social en associant les nations transalpines aux destinées du peuple vainqueur. La transition s'opéra avec tous les ménagements compatibles avec la tranquillité du pays. Auguste fit un pas de plus dans la voie tracée par César: tout en organisant la nouvelle province, il accorda la latinité à quelques tribus gauloises, et Claude, malgré l'opposition des partisans du passé qu'il rencontra au sénat, obtint que les Gaulois fussent admis aux dignités²). Enfin la Constitution Antonine accordant le droit de cité à tous les provinciaux mit fin à cette politique odieuse consacrée par la brutale loi des douze tables: Adversus hostem aeterna auctoritas.
Il était impossible que ce changement dans la politique de Rome ne portãt pas ses fruits. Le régime impérial imposait sa langue ³) aux peuples vaincus et le Slesvig et l'Alsace ne seraient pas là pour nous en mettre les effets sous les yeux, que la philosophie du langage nous ferait connaitre la portée psychologique d'une mesure qui tend à détruire ce qu'il y a de plus inné dans une nation; mais il me semble que, dans l'appréciation de cette mesure, on a trop souvent négligé de considérer que, pour que cette mesure destinée à effacer la diversité de races par l'unité de langage fut efficace, il n'y avait qu'un moyen, c'était d'appeler les peuples vaincus à partager les droits des vainqueurs. César le comprit et le développement brillant que la langue latine prit sur le sol de la Gaule, ne doit étre attribué qu'aux sages mesures dont J'nitiative est due au génie à la fois cosmopolite et démocratique de César. Aussi la pacification s'achevait-elle sous les auspices les plus heureux. Les Gaulois, grâce à leur esprit ouvert à toutes les impressions et poussés par cet amour du change- ment qui leur était propre,⁴) se jetèrent avec passion dans la nouvelle carrière qui venait de s'ouvrir devant eux. Dans toutes les villes importantes de la Gaule à Autun, Lyon, Vienne, Tréves etc., sans parler de la Gaule narbonnaise qui, de bonne heure, avait fourni quelques historiens et poëtes aux lettres latines ⁵) il y eut des académies, où l'on enseignait la philosophie, la médecine, la juris- prudence et les belles lettres. De ces centres de la science qui se multiplièrent rapidement, la civili- sation se répandit parmi le pays et la langue des vainqueurs devint peu à peu celle des vaincus. Les Gaulois, summae genus solertiae,“) reçurent avidement les enseignements de Rome et tel était l'ascendant du peuple roi, telle était l'influence civilisatrice de la conquéête que l'éducation leur inspira insensiblement des sentiments romains
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Depuis que les Gaulois furent admis aux fonctions publiques, l'ambition les poussa à se livrer avec une nouvelle ardeur à l'étude des sciences et de la langue latine, seule voie pour
¹) Sueton. op. cit. LXXX.
²) Tac. Annal. lib XI, 24 et 25.
³) At enim opera data est ut imperiosa civitas non solum jugum, verum etiam linguam suam domitis gentibus, per pacem societatis imponeret.(Augustinus de civ. dei XIX, 7, ap. Schuchardt.) Rume républicaine se montra jalouse de l'emploi de sa langue, autant que du droit de bourgeoisie. C'était un privilége qu'elle n'accordait qu'avec réserve.(Tit. Liv. XI, 42.)
¹) Caesar B. G. IV, 5.
⁵) Publ. Terentius Varro Atacinus; Cornelius Gallus; Trogus Pompejus et d'autres.
⁶) Caesar B. G. VII, 5.


