Aufsatz 
Die geschichtliche Entwicklung der französischen Sprache, 1. Teil
Entstehung
Einzelbild herunterladen

8

C'est ainsi que, égaré par le défaut de toute analogie dans la langue latine soit classique soit archaique qui et pu préparer cette particularité euphonique de la langue vulgaire, on aruttribut à une influence du kymrique ¹) cette répugnance des langues romanes de la Gaule à se servir de l's impurum initial ²) que les autres langues filles du latin ne partagent point avec les groupes occidentaux Pourtant il faut chercher ailleurs l'origine de ce besoin euphonique de la langue vulgaire. L'absence de la prosthèse dans le dialecte des Bretons ³) d'une part, de l'autre, la haute antiquité) des monu- ments répandus sur tout le territoire de l'Empire et rédigés dans tous les dialectes de la langue vulgaire ne permettent pas de voir une influence de l'idiome celtique dans cette particularité euphonique de la langue vulgaire qui disait escribere, estare, estantes, d' estant et estance de la vieille langue, escutum, espinae, espatium, existare?) etc. Cette espèce d'aspiration vocale qui 89 condensait d'abord en i(y) iscamnum, ispatula, istella, devint e dans le latin vulgaire même, car c'est sous cette forme qu'elle apparait dans les quatre langues romanes de l'ouest. L'i prosthétique dans Tadjectif isnel, isnel le pas=en es(es= ipsum) le pas, isnelement de l'ancien haut allemand snel, aujourd'hui schnell est si extraordinaire que M. Die⸗z 5) y voit une intervention de l'adjectif ignitus, employé au moyen äge dans le mèême sens, ce qui est d'autant plus probable qu'à côté de isnel on rencontre une forme ignel, conservé dans le patois normand elle est devenue inele.

M. Diez) attribue d'une façon suspensive, il est vrai, à une influence du kymrique s, cette construction de la langue d'oil qui a laissé des traces dans la locution actuelle de Hôtel-Dieu. Or, M. Diez nous a enseigné lui-même que, pour rencontrer juste, c'est au domaine de la langue latine qu'il fallait s'adresser en premier lieu pour chercher soit l'étymon d'un vocable soit la solution d'un problème grammatical. En effet rien de plus facile que l'explication de ce débris de l'ancienne langue, auquel on pourrait comparer encore de par le roi, au moyen de la conservation de deux cas de la déclinaison latine, l'un pour le sujet, lautre pour le régime qui permettait avec une grande liberté dans l'arrangement des mots, de supprimer la préposition, sans crainte de nuire à la clarté de la phrase. Dieu et roi tels que nous les voyons apparaitre dans la langue moderne correspondent aux cas régimes de la vieille langue deu et roi dont le cas sujet était deus et rois.

Reis orguillos, nen est fins que t'en alges Ch. R. 2978. Li rois l'oit, toz li sans li mua G. de V. 1534.

Li rois Ricars tenait en sa main..... êet au passer que li rois englais quida faire etc. (Chronique de Rains). Desoremais vous dirons del roi Richart...... n'onques ne pot oir noviele del roi,..... Blondiaus dist as amis le roi et as barons.... ibid.

Respunt dux Neimes: E Deus le nos consente Ch. R. 3013. Co duinset Deus, le fils sancte Marie ibid 2938.

¹) Yspeit= spatium; ystabil= stabulum; yscawl= scala; ysgol= schola; yspryd= spiritus; ysgwyd= scutum.

²) Diez, Etymologisches Wörterbuch der rom. Sprachen XIX et Diez, Grammatik der rom. Sprachen I, 224 sqq. Ofr. aussi Max Müller, Die Wissenschaft der Sprache II, 184 sqq.

²) Breton: skav, gael scavan. kymr. ysgawen, sureau.

*) L'inscription la plus ancienne portant la prosthèse est de l'année 197; on peut donc supposer que l'usage oral s'en soit introduit vers le commencement du 2e siècle de notre ere.

³) Cfr. H. Schuchardt, op. cit. II, p. 388 sqq.

²) Etymologisches Wörterbuch L.I à Part. snello.

*¹) Diez, rom. Wörterbuch XIX.

³¹) Dans les mots composés gaulois le génitif précède le mot dont il est le complément: Catou-rix, des combats roi.