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s'étaient constituées sous des chefs nationaux.¹“) Dans leur dialecte qui, resserré dans les arron- dissements de Vannes, Quimper, Léon et St. Brieuc, s'est conservé jusqu'à nos jours, ces descendants des anciens Kymris appellent leur pays Breiz, eux-mèêmes Breizaded ou Breiziz et leur langue Breizonec.
Aussi refractaires à la conquête des Franks qu'ils'avaient été à la conquète romaine, les Bretons ont gardé obstinément leurs vieilles traditions et le culte de tout ce qui s'est nationalisé chez eux. Aussi ne sont-ils Francais que parce que la Bretagne est Française.2²) Tenace à la fois et ardente, obstinée dans ses croyances qui tiennent en grande partie aux traditions paiennes du pays, la portion la plus considérable des Bretons cst aujourd'hui ce que tous les Celtes étaient du temps de César, admodum dediti religionibus. ²)
Abstraction faite de l'armoricain, le kymrique vit encore dans le dialecte du pays de Galles; un troisième dialecte, celui de Cornouailles s'est éteint vers la fin du siècle passé. Le rameau gaelique subsiste en Irlande, dans la haute Ecosse et l'ile de Man. Des trois dialectes gaeliques l'irlandais est le plus considérable, tant pour son extension que pour ses monuments écrits qui remontent au 7e siècle de notre ère selon Schleicher(Compendium der vergl. Grammatik etc.) au 6 selon Pictet. (De Paffinité des langues celtiques avec le sauscrit.)
plus riche en radicaux sanscrits que le kymrique, le gaelique a conservé plus pur le type de la langue sacrée des Indes; cependant l'examen des mots appartenant et au celtique et au roman démontre que c'est le kymrique qui non seulement a fourni aux langues romanes de la Gaule la majeure partie de leurs éléments celtiques, mais qui a réagi encore sur la forme et la prononciation de leurs vocables. ¹)
La pénurie de documents de l'ancienne langue gauloise a engendré des théories hasardées sur la part qui lui revient dans la formation de la langue française dont les auteurs se sont laissé prendre aux apparences et ont accordé à des rapprochements fortuits de faits d'ailleurs incontestables dans l'une et l'autre langues une portée que l'application sévère des principes de la méthode critique est loin de justifier. Cependant ces méprises ne sont pour ainsi dire qu'accidentelles et n'atteignent nullement les services réels que la science du langage a rendus à l'histoire de l'humanité. Du reste les sciences exactes elles-mêmes ne sont pas non plus exemptes du danger de confondre l'apparence avec le fait réel.
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¹) Comme, dans des circonstances analogues, nous avons vu les Vascons donner leur nom à l'Aquitaine, de mêéme celui des Bretons resta dès lors attaché à Pancienne Armorike, tandis que l'ile échangeait le sien contre celui des conquérants et commencait à s'appeler Engelseaxna-land. Le nom de Brythons désigne une fraction seulement de la race kymrique.
²) M. Alfred Nettement. Poëétes et Artistes contemporains p. 105. Un poëte charmant Auguste Brizeux, vrai fils de la Bretagne bretonnante a appelé le ciel une autre Bretagne.
........ Mais, si mon oeuvre est vaine
Si chez nous vient le mal que je fuyais ailleurs,
Mon àme montera, triste encor mais sans haine,
Vers une autre Bretagne, en des mondes meilleurs.
Elégie de la Bretagne. ³) Caesar B. G. VI, 16. ¹) Cfr. Zeuss, Grammatica ceſtica, pp. 99, 105, 118, 172 sqq. Schuchhardt, Vocalismus des Vulgärlateins I, 191, 199, 467 sqd.; II, 191 sqd. Burguy, Grammaire de la Langue d'oil I, 24, 202 sqd.


